Fougerolles : ses cerises, son kirsch et ses sangliers

Sangliers / Les agriculteurs de la commune tirent la sonnette d’alarme.
« Il y a trop de sangliers car il y a trop de dégâts ».

Ils étaient une vingtaine d’agriculteurs de la commune à s’être réunis dans la cour de la ferme de Florent Villemin, associé du Gaec Villemin.
Très remontés contre les dégâts, les exploitants de la commune avaient convoqué la presse pour faire exploser leur colère. Florent Villemin, porte-parole des agriculteurs fougerollais a révélé que 30 hectares de prairies (dont 9 hectares pour une seule exploitation) ont été littéralement pulvérisés par les sangliers soit près de 150 tonnes de fourrage si on fait la conversion. « Nos vaches ne mangent pas des billets de banques » insiste une grande majorité !
Côté cultures, le chiffre de 10 hectares a été avancé sur du maïs.

Le président de l’ACCA présent
Monsieur Barret, président de l’ACCA nouvellement élu a tenu à se rendre à cette conférence de presse après que le bruit courait dans le village !
Le représentant des chasseurs locaux a d’abord fait son mea-culpa. « On [les chasseurs] n’a pas pu anticiper ! »
Le président de l’ACCA tempère la colère des agriculteurs et se montre plutôt entreprenant pour la saison de chasse à venir « le feu va être ouvert ».
80 % des bracelets sur la base des prélèvements de 2019-2020 ont été attribués aux chasseurs. Ils peuvent aller à la chasse aux tirs d’été depuis le 1er juin. Les agriculteurs regrettent qu’aucun animal ait été prélevé bien qu’ils en aperçoivent en soirée ou le matin très tôt.
Le président de l’ACCA propose que les agriculteurs indiquent aux chasseurs ces endroits. Un meilleur dialogue avec des échanges facilités entre agriculteurs-chasseurs, c’est le principal souhait du président de l’ACCA pour sa nouvelle mandature.
Sur la perspective des prélèvements, nombreux agriculteurs souhaitent un objectif chiffré de la bouche de M. Barret. « L’an passé 79 animaux ont été prélevés, combien cette année ? »
Le président de l’ACCA a botté en touche. « On fera ce qu’il faudra mais on va intensifier nos efforts ! »…
La question des amendes a été aussi au cœur des discussions. « On entend parler de plusieurs centaines d’euros infligés aux chasseurs qui auraient le malheur de prélever trop de laies » déplorent les agriculteurs. Chose qu’a confirmé le président de l’ACCA mais en indiquant que c’était du passé et que maintenant « ça n’existe plus ».

La question de l’agrainage
« 18 tonnes », c’est le chiffre annoncé par un agriculteur sur la quantité de maïs acheté par les chasseurs de Fougerolles il y a cinq ans. Un chiffre qui permet aux agriculteurs de douter de la qualité de l’agrainage qui s’apparente plus à du nourrissage. Les agriculteurs demandent un meilleur contrôleur de l’agrainage voire une interdiction totale. Chose à laquelle le président de l’ACCA est totalement opposé !
Pour rappel, bien distinguer l’agrainage de dissuasion de celui pratiqué à titre cynégétique. L’agrainage de dissuasion ne se pratique qu’aux périodes agricoles sensibles, au printemps (semis) et en été (vignes et céréales). L’agrainage hivernal, en période de chasse, s’assimile à du nourrissage. Il contribue artificiellement à la survie des jeunes et à l’explosion des populations. Il est inefficace contre les dégâts commis dans les prairies. Il favorise les concentrations d’animaux. Il ne correspond pas à une gestion naturelle de la faune sauvage. D’une manière générale, pratiquer l’agrainage revient à entériner le principe de la surdensité d’une population incapable de trouver les ressources nécessaires à sa survie. Le maire de Fougerolles s’est saisi de l’affaire et a participé à cette conférence de presse. Selon lui la situation n’est plus tenable dans sa commune, « on voit nous-mêmes les dégâts » regrette-t-il. Il a promis aux agriculteurs qu’il allait adresser un courrier à la préfète pour qu’elle prenne ses responsabilités et demander l’instauration du bracelet unique. Bracelet unique réclamé aussi par les agriculteurs présents qui souhaitent aussi des tirs de nuit par les louvetiers et des battues administratives. Chasseurs et agriculteurs se donnent rendez-vous dans les semaines à venir pour faire un point d’étape. A suivre…

AL

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