Les JA BFC sur la brèche

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Traités de libre-échange Mercosur/Ceta / Les jeunes agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté, ont organisé mardi matin une action de sensibilisation à Dijon, auprès des consommateurs et des représentants de l’Etat, pour alerter sur les conséquences économiques, sociales et environnementales, des négociations en cours du Mercosur.

De la « cohérence », c’est ce qu’attendent les JA dans le contexte des négociations du Mercosur. Et c’est ce qu’ils sont venus demander à la Préfecture, non sans faire un détour par la place de la République et les Halles de Dijon, ce 19 janvier, jour de marché, pour expliquer aux consommateurs les dessous des cartes pipées d’un jeu qui pourrait mettre en péril l’élevage français et tous les métiers qui en dépendent. L’accord entre les pays du Mercosur et l’Europe, en négociation depuis plus de dix ans, devrait être signé en janvier, date qui pourrait encore être repoussée, compte tenu des divergences qui subsistent entre les parties. La profession considère que cet accord est inacceptable, comme l’était celui du Ceta, signé il y a quelques mois, pour le meilleur pour certains et pour le pire pour d’autres. Ce que JA BFC dénonce ce sont les conséquences potentielles de l’accord Mercosur sur l’ensemble de la filière viande en France et les distorsions de concurrence qui s’en suivraient. Pour la profession, l’agriculture et les intérêts des consommateurs sont sacrifiés sur l’autel d’intérêts industriels et commerciaux « supérieurs ». Mais, au final, ce sont les marchés de la viande français et européens qui risquent d’être perdants quand débouleront 200 000 tonnes de viandes canadiennes et sud-américaines, issues de systèmes de production dont les normes n’ont rien à voir avec les nôtres. Les JA relèvent que plus de 40 substances interdites en France sont autorisées au Canada et dans les pays du Mercosur. Au-delà de la viande de bœuf, des contingents de viandes de porc, de volaille, des produits laitiers, des œufs, du sucre et des céréales vont prendre le même chemin et déstabiliser des marchés déjà mis à mal, sans bénéfice réel pour le consommateur. Ce que dénoncent également les JA BFC et les organisations agricoles, c’est le fait que « cette signature va totalement à l’encontre des conclusions des Etats généraux de l’alimentation, qui prônent un modèle alimentaire de demain plus juste, plus sain et plus durable ». C’est une totale incohérence à laquelle il va bien falloir remédier. Le temps presse pour faire bouger les lignes et les négociations s’accélèrent pour aboutir à un accord dès janvier 2018, les Brésiliens étant contraints par des échéances électorales (voir l’article ci-contre). Entre engraissement intensif sur des feed lots et élevage à l’herbe sur des exploitations familiales pour la plupart, le bras de fer semble bien inégal, d’autres marchandages commerciaux faisant peser la balance en défaveur de l’élevage de tradition. Une première manche a été perdue avec le Ceta, les éleveurs français ne voudraient pas que ce scénario catastrophe se reproduise avec le Mercosur. Les dernières initiatives du Parlement européen semblent aller dans leur sens, celui du bon sens.

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