Notre travail a un prix

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États généraux de l’alimentation  / Le 11 octobre, alors que le président de la République devait annoncer des premières mesures issues du premier chantiers des États généraux de l’alimentation, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont organisé une mobilisation à Paris pour rappeler aux consommateurs que le travail des producteurs mérite un prix rémunérateur. 

«Votre alimentation a un prix, notre métier a un prix » : c’est avec ce slogan que la FNSEA et Jeunes agriculteurs sont allés à la rencontre des Parisiens le 11 octobre, place de la République. Pendant que le président Emmanuel Macron annonçait les premières mesures décidées dans le cadre du premier chantier des États généraux de l’alimentation, les agriculteurs étaient réunis à Paris « pour aller à la rencontre des consommateurs avec un message fort : les agriculteurs ne doivent pas être sacrifiés », explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. Ce dernier a pris la parole au cours de la journée pour s’exprimer sur les annonces du président de la République et faire passer les messages de la FNSEA et de JA par rapport aux États généraux de l’alimentation, qui se poursuivent jusqu’à fin novembre. Une délégation de Haute-Saône, avec des représentants de la FDSEA, des JA et de la chambre d’agriculture avait fait le déplacement. Un certain nombre de parlementaires avaient fait le déplacement, notamment le sénateur Michel Raison et le député Barbara Bessot-Ballot.

La diversité de l’agriculture représentée
Douze régions étaient au rendez-vous pour présenter la diversité de l’agriculture et la qualité des produits français. Les passants ont d’ailleurs eu la possibilité d’acheter un certain nombre de produits issus de l’agriculture française, tout en étant sensibilisés, grâce à des illustrations, à ce qui revient finalement au producteur. « Nous voulons montrer réellement comment se décompose un prix », a indiqué Jérôme Despey, pour expliquer « pourquoi nous voulons une juste rémunération du travail des agriculteurs ». Les interprofessions étaient aussi représentées, ainsi que les filières et les associations spécialisées. La mobilisation a permis par ailleurs de souligner les externalités positives de l’agriculture : impact sur la vie des territoires, rôle économique, maintien de la biodiversité, etc. Un espace était également prévu pour accueillir des animaux de différentes filières d’élevage. L’événement s’est tenu de 10h à 16h, et malgré un cordon policier dissuasif autour de la manifestation, un certain nombre de Parisiens ont fait le pas pour s’approcher de la mini-ferme et échanger avec les agriculteurs.

« Responsabiliser avec des contrats de filière »
Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures en fin de journée. Il a notamment dit aux acteurs de l’agriculture et l’agroalimentaire qu’il voulait « d’ici la fin 2017 » qu’ils présentent « des plans de filières qui indiquent, filière par filière, les réformes qu’il y a conduire ». « Si on n’a pas fait de réforme, ça finira dans deux ou trois mois chez le ministre de l’Agriculture à demander des idées d’urgence. Vous avez votre part de responsabilité », leur a-t-il dit. Ces plans par filière ont pour objectif de dire « voilà ce dont nous avons besoin pour regrouper notre offre, investir pour répondre à la demande des concitoyens, monter en gamme et prendre à bras le corps les défis internationaux », a-t-il expliqué. Le président de la République a réprimandé les responsables agricoles sur le fait qu’ils avaient « soutenu des choix absurdes » et protégé des filières qui « ne correspondent plus à nos goûts et à nos besoins », évoquant notamment le poulet grand export ou l’exportation de porcs. Il a émis le souhait « de ne pas faire de chèque en blanc » en relevant le seuil de vente à perte, et a pointé du doigt la filière porcine, où le soutien du marché par la demande chinoise aurait conduit la filière à ne pas faire évoluer son offre. Évoquant les contrats de filière, il a souhaité « sortir d’une situation où on continue d’espérer que les Chinois continuent d’acheter du porc à Plérin, à guetter le taux de change pour faire consommer à d’autres populations le poulet que nous n’arrivons plus à faire consommer aux Français ». Il a tout de même défendu l’idée d’être offensif à l’export.

Les syndicats agricoles satisfaits sur le fond
Quelques instants après les déclarations d’Emmanuel Macron, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a acté la reprise de certaines mesures issues des États généraux de l’alimentation, « où nous retrouvons beaucoup des solutions que nous avons portées ». Elle a cependant regretté certaines remarques sur les filières d’exportation de porc et de poulet, dont le soutien par les pouvoirs publics a été jugé absurde par E. Macron : « Lorsqu’il a fait l’examen de l’agriculture, il a été approximatif et parfois caricatural sur certains secteurs, mais sur la volonté de montée en gamme, c’est quelque chose que nous portons ». Le délégué général de la FCD (grande distribution) Jacques Creyssel a accueilli de son côté « de bonnes nouvelles correspondant à l’accord que nous avions avec les agriculteurs et la transformation ». Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc s’est dit satisfait que le relèvement du seuil de revente à perte ne concerne que les produits alimentaires.

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