Portrait de l’agricultrice d’aujourd’hui

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Agricultrices / La commission des agricultrices s’est réunie jeudi 22 décembre en présence du Président de la FDSEA70 Sylvain Crucerey pour réaffirmer le rôle des femmes en agriculture. Face aux difficultés, les agricultrices agissent, construisent et « positivent » ! 

Anne Robin, présidente de la Commission des Agricultrices de la FDSEA a rappelé les résultats de l’enquête MSA parue en mars 2016 « Population active féminine en agriculture ». On y lit ainsi qu’en 2014, les femmes sont 113.200 chefs d’exploitation soit 25,5 % des effectifs. À titre de comparaison, parmi les chefs d’entreprise de services, la proportion de femmes n’est que de 5 %. Depuis 10 ans, le nombre de conjointes collaboratrices a été divisé par deux, traduisant le faible attrait des jeunes générations pour ce statut. Elles préfèrent s’orienter vers un statut d’exploitante lorsqu’elles restent sur l’exploitation. Néanmoins, entre deux et cinq mille femmes d’exploitants sont encore sans statut social.

Des difficultés peu prises en compte
Pour la présidente, les clichés sont tenaces et souvent entretenus par les médias. Les discriminations sont encore nombreuses. Pour la formation par exemple, les filles sont trop souvent orientées vers les filières de services et la transformation et non vers la production. Même dans la production, elles ont été orientées vers le domaine canin et équin ou encore le maraîchage et l’horticulture, apprentissages perçus comme plus compatibles avec leurs qualités féminines, comme le soulignent les études sur l’enseignement agricole menées par Sabrina Dahache, docteur en sociologie et chercheur à l’Université de Toulouse II. La recherche de lieux de stages est souvent une étape compliquée (les exploitants leur préférant souvent les hommes). Elles connaissent également des difficultés pour libérer du temps de formation face aux « tâches familiales » notamment. Au moment de leur installation, l’accès au foncier et aux capitaux leur restent toujours plus défavorables. Les retraités préfèrent souvent céder leur exploitation à un homme qu’à une femme et les banques se montrent parfois plus frileuses à prêter à une femme. Il ressort qu’en période de crise, les femmes sont les premières à être impactées par la chute des revenus. Se sont bien souvent elles qui quitteront l’exploitation pour aller chercher un emploi. Emploi qu’elles cumulent généralement avec celui de l’exploitation. De plus, s’occupant fréquemment de « l’administratif » sur les exploitations ce sont elles les premiers interlocuteurs qui sont en charge de négocier avec les fournisseurs lorsque les factures impayées s’accumulent. Ce sont elles qui sont en première ligne pour accuser le stress, la pression et les agressions.

Un statut mal reconnu
Sylvain Crucerey regrette que la place des femmes au sein des exploitations ne soit pas assez reconnue. Installé dans un GAEC à 4 associés, il déplore l’absence de femme au sein de sa société, ce qui « pourrait amener une ouverture d’esprit ». « Les femmes ont vision plus large de la vie professionnelle et privée que les hommes. Et en termes d’élevage, les femmes sont pour la plupart beaucoup plus douées que les hommes pour la surveillance et les soins aux animaux ». Une participante insiste aussi sur le fait qu’être agricultrice, femme et mère à la fois, impose énormément de responsabilité. « Nos maris ne se rendent pas compte que nous sommes le pilier de la famille » déclare l’une d’elle.

Vaste programme pour 2017
Une formation pour « retrouver une attitude positive face aux difficultés » est en cours d’organisation. Lors de la journée de la femme, les agricultrices recevront les médias sur une exploitation pour parler de leur métier et de leurs problématiques. S’ensuivront ensuite des visites de fermes avec des écoles de primaire et de collège pour promouvoir les métiers agricoles. Enfin, d’autre réunions auront lieu, pour traiter des sujets d’actualité et pour passer un moment convivial entre femmes, qui pour la plupart, ne s’accordent que ce temps de réunion pour sortir de leur exploitation. « Rien que de se retrouver et d’échanger, ça nous permet d’aller de l’avant. »

EL

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