Sous le signe de la covid

Assemblée générale de la FDSEA / Le bilan de l’année syndicale 2020, lors de l’assemblée générale de la FDSEA-FDPL, a permis de revenir sur la crise sanitaire et ses conséquences pour le monde agricole. Sans oublier d’autres gros dossiers : aléas climatiques et calamités, zones vulnérables… et les inévitables sangliers !

C’est dans un cadre inhabituel que ce sont retrouvés cette année les adhérents de la FDSEA et de la FDPL de Haute-Saône, à l’invitation de leur syndicat pour l’assemblée générale : ils étaient plus de 200 dans un hangar agricole du Gaec des Naux, à Mailley, le 16 septembre dernier. « C’est bien sûr à cause de cette crise sanitaire qui nous a tous mis plus ou moins dans une situation difficile, explique le président Emmanuel Aebischer : je ne peux m’adresser à vous sans avoir une pensée pour celles et ceux qui ont vécu personnellement les conséquences de cette maladie, ou dans leur famille de près ou de loin… »

Solidarités agricoles
Xavier Jarrot et Sébastien Figard, les deux secrétaires généraux, se sont relayés au micro pour dresser le bilan, mois après mois d’une année syndicale marquée par la pandémie… avec son tournant au mois de mars, quelques jours après l’assemblée générale. « En écoutant notre invitée l’anthropologue Véronique Pardo, nous étions loin d’imaginer que quelques jours plus tard la quasi-totalité de l’économie française serait à l’arrêt et que les Français seraient enfermés chez eux ! » Et d’évoquer l’élan naturel de solidarités agricoles pour suppléer à l’impréparation des pouvoirs publics « 24h après notre appel aux agriculteurs du département nous avions récupéré 500 masques FFP2, 2 000 paires de gants, 750 blouses et 300 manchettes jetables. » Avec en arrière-plan le souci de poursuivre la production « l’enjeu était que la chaine de production alimentaire ne s’arrête pas ! » Et cela malgré les difficultés posées par l’arrêt de la restauration hors-domicile, les restrictions à la circulation des personnes, les difficultés d’approvisionnement… et surtout le manque de visibilité. « L’ensemble de l’agriculture française avec ses partenaires et entreprises du monde agricole sont parvenus à gérer cette crise sans précédent en déployant des trésors d’ingéniosité. »
A cela s’ajoutent les difficultés posées par une sécheresse précoce et longue « 50 jours sans pluie au 20 avril. »

Précarité de l’amour
Cette crise a été l’occasion pour beaucoup de Français de redécouvrir l’intérêt du concept de souveraineté alimentaire et d’avoir une agriculture diversifiée, ancrée dans ses territoires. « Nos concitoyens avaient réouvert le tiroir de l’Amour de ses agricultrices et agriculteurs… mais ce tiroir se referme petit à petit, comme quoi un Amour n’est pas toujours éternel ! », ironise le président Aebischer. 
De fait, pas plus que les concerts de casseroles, les promesses politiques et les belles déclarations d’amour n’ont été réellement suivis d’effet. La fameuse loi « Egalim », qui devait organiser une plus juste répartition de la valeur ajoutée des denrées alimentaires, a beaucoup déçu le monde agricole. « Nous subissons de plein fouet la hausse du cours des matières première, 30% du prix des intrants, que ce soit les aliments du bétail, les engrais, les carburants… or notre seul outil pour contrer ce phénomène, c’est la prise en compte des coûts de production dans la vente de nos produits. Egalim 2 va prendre le relais d’Egalim 1 qui n’a pas répondu à nos attentes et va peut-être nous aider à retrouver des négociations commerciales plus équitables », espère sans trop y croire Emmanuel Aebischer.

Aléas climatiques, calamités et assurance récolte
2020 restera aussi dans les mémoires des agriculteurs pour son aridité… avant-goût des effets du dérèglement climatique ? Sécheresse printanière et estivale, canicule… ont fortement perturbé les cultures de céréales et surtout l’affouragement et l’approvisionnement des troupeaux. Et en face l’absurdité du règlement administratif qui encadre la date d’implantation des surfaces d’intérêt écologique (SIE) « En août la visite d’exploitation organisée avec la préfète nous a permis de l’alerter sur cette question ainsi que sur les conséquences de cette troisième sécheresse sur l’économie agricole départementale. » Si le dossier de calamité agricole n’a pas produit les résultats escomptés, en revanche l’abandon de l’obligation de SIE entre deux cultures d’automne, annoncé par le directeur de la DDT Thierry Poncet lors de l’AG apporte un réel soulagement. Face à la montée en puissance des aléas climatiques, la profession s’oriente vers des solutions assurantielles. « Nous ne pouvons nous permettre de gérer nos exploitations sans se couvrir contre les aléas climatiques. C’est un coût supplémentaire pour nous, ce qui explique les réticences de la FNSEA à proposer aux exploitants de se diriger vers une assurance récolte, explique Emmanuel Aebischer, avant de détailler la proposition de la FNSEA. L’objectif est de rendre cette assurance plus accessible sur le coût mais aussi sur le plan technique. » L’augmentation du taux de subvention par le biais des aides PAC (65% actuellement) est une des pistes poursuivies pour abaisser le coût de cette assurance.
Cette AG a aussi permis d’évoquer le dossier des nitrates, dans lequel la FDSEA déplore la méthode employée et le sentiment d’irréalité que provoque la cartographie des communes classées en zone vulnérable… « Nous avons obtenu un délai supplémentaire et après six mois de travail, le retrait d’un grand nombre de communes », se félicite Xavier Jarrot. Quand aux sangliers, ils courent toujours « même si les tensions avec la fédération de chasse se sont quelque peu apaisées, le combat pour réduire les populations reste intense. Notre vision sur la gestion des populations est restée diamétralement opposée que ce soit sur le sujet de l’agrainage, celui du bracelet unique ou de la date de fermeture », regrette Sébastien Figard, alors qu’en cette fin d’été les dégâts dans les maïs reprennent de plus belle.

AC

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