Une production horticole surtout morvandelle

Filière Sapins de noël / Dans le panier des achats de Noël, le sapin reste une valeur sûre, pour deux foyers sur 10. En France, il est surtout produit en Bourgogne, en particulier dans le massif du Morvan.

Produits en France par des agriculteurs, les sapins de Noël poussent sur une superficie estimée à plus de 5 000 hectares. « En réalité, nous n’avons pas de chiffres précis, car les données datent du recensement agricole de 2010 ! » explique Vincent Houis, animateur de l’AFSSN (Association Française du Sapin de Noël Naturel), qui réunit les professionnels de la filière (pépiniéristes, producteurs, négociants…). La culture du sapin de Noël est pleinement rattachée aux activités agricoles, au sein de la famille de l’horticulture, avec pour organisme interprofessionnel Val’Hor. « C’est une culture agricole semi-pérenne comparable à beaucoup d’égards à la culture de la vigne ou des petits fruits (cassis, groseilles), poursuit l’animateur : à ce titre elle n’est pas soumise aux déclarations PAC, ce qui fait que nous attendons les résultats du nouveau recensement pour actualiser nos chiffres. »

Un massif granitique propice à la culture des résineux
Si le sapin de Noël est produit dans 46 départements français par quelques 800 exploitations, c’est la Nièvre qui en est le chef de file incontesté, avec le massif du Morvan. « Les terrains granitiques, l’altitude et le régime de précipitations sont propices à la production des essences utilisées, qui n’apprécient pas le calcaire. La région Bourgogne représente 30 % de la production française de sapins de Noël, la Franche-Comté 3 %, avec des producteurs surtout dans le département du Jura. » Techniquement, cette filière requiert un véritable savoir-faire professionnel, depuis la sélection de la variété en pépinière jusqu’à sa distribution. Ainsi, les jeunes plants de 4 ans sont replantés en terre et mis en culture pendant 5 à 10 ans, selon l’espèce. Arrivés à maturité, les sapins sont coupés, conditionnés sous filet, puis chargés en palettes pour rejoindre leurs points de vente. « Le marché du sapin de Noël est extrêmement stable d’une année sur l’autre, avec des tendances linaires lourdes, et quelques évolutions sur les circuits de distribution, entre les achats en GMS, pépinières, magasins de bricolage et circuits associatifs : environ 5,8 millions de sapins sont vendus chaque année pendant les semaines qui précèdent les fêtes. Le marché est dominé par le Nordmann (80 % des ventes), loin devant l’épicéa (18 %). Les autres espèces, le Pungens, l’Omorika ou le Nobilis… ne représentent que 2 % des ventes. »
En 2016, les foyers français ont, en moyenne, dépensé 25,80 euros pour cet achat, soit un montant global de dépenses estimé à 156,5 millions d’euros. Les sapins naturels, quel que soit leur type, sont en très grande majorité achetés coupés (90 % en 2010). Socialement, la filière revendique
1 000 emplois permanents auxquels s’ajoutent 5 000 saisonniers pendant la période de travail intensif.

AC

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