Des repères pour bien démarrer


Production porcine / Interporc de Franche-Comté organise les 9, 10 et 16 décembre prochains une formation destinée aux porteurs de petits projets en porcherie : trois jours pour acquérir les fondamentaux zootechniques du post-sevrage et de l’engraissement.

La vogue des circuits courts et des produits bios, y compris carnés, suscite de nouvelles vocations d’éleveurs. Mais l’élevage porcin ne s’improvise pas : c’est un véritable métier, qui nécessite de maîtriser de nombreuses compétences, à commencer par… les bases zootechniques de la conduite de ces monogastriques ! C’est dans cet objectif qu’Interporc Franche-Comté propose un stage de formation intitulé « concevoir un atelier de porcs à l’engraissement – ou post-sevrage/engraissement ». Maude Philippe, chargée de mission développement de l’élevage porcin en Bourgogne-Franche-Comté détaille : « cette formation s’adresse aux agriculteurs, porteurs de projet et salariés de Bourgogne Franche-Comté et départements limitrophes, ainsi qu’aux salariés agricoles ou des services de remplacement. Pour ces derniers, c’est l’occasion de développer des compétences au bénéfice de leur employabilité. » Ainsi, comprendre l’anatomie, la physiologie, les comportements spécifiques du porc permet de lui proposer une alimentation et un environnement adaptés à ses besoins. Laurence Maire du Poset, directrice de la ferme du lycée agricole de Granvelle et spécialiste de l’élevage porcin assurera cette partie. C’est d’ailleurs sur le site du Legta, à Dannemarie sur Crête, qu’aura lieu la formation. La gestion du poste alimentation – 60 % du coût de production – en particulier, va conditionner la croissance des animaux, et donc leur durée d’élevage pour atteindre le poids voulu à l’abattage.

Evaluer ses coûts de production
« En accompagnant le projet de nombreux porteurs de projets d’élevages porcin de petite taille, de l’ordre d’une centaine de porcs charcutiers par an (soit deux par semaine), nous nous sommes rendus compte qu’il y avait des besoins de repères », explique Denis Creusy, chargé de Mission « bâtiment et environnement » à Interporc, responsable de ce stage, et lui-même intervenant, sur la partie consacrée au logement des animaux. « La conception de l’atelier est fondamentale dans une optique de maîtrise des coûts de production, ajoute-t-il. Même si on répercute des coûts de production supérieurs sur les prix de vente, qu’on maîtrise mieux en circuit court, c’est important d’avoir des repères et de prendre en compte toutes les conséquences de tel ou tel choix. En matière de logement, par exemple, les astreintes et les besoins en main d’œuvre ne sont pas les mêmes dans un système sur litière, en plein-air intégral ou sur caillebotis… il faut traduire ça en charge de travail, et vérifier si c’est bien compatible avec le projet, les éventuelles activités de transformation, de vente, de livraison ! » Le logement va aussi se répercuter sur les coûts d’élevage…

Le bâtiment d’élevage est un investissement
« Il faut bien intégrer au projet la notion d’investissement en rapport avec la durée d’usage : un bâtiment d’élevage porcin est un investissement qui peut s’amortir sur 20, 25 ans, car c’est sa durée de vie. » De même, le type de logement va avoir des répercussions sur l’efficience alimentaire des animaux, dont les besoins d’entretien pour la thermorégulation explosent quand ils sont conduits en plein air. « C’est un choix possible, mais il faut le faire en connaissance de cause : sur la durée de l’engraissement d’un animal, on va avoir une consommation de 100 kg d’aliment supplémentaire pour atteindre le même poids à l’abattage. Ça fait quatre sacs de 25 kg ! »
Pas question d’opposer pour autant les différents modes de conduite dans ce stage. « L’idée est d’objectiver les choses, les coûts, par thème, pour avoir des éléments de comparaison. », assure Denis Creusy. Le volet sanitaire, et la biosécurité de l’élevage porcin seront également abordés, avec l’intervention d’un vétérinaire qui détaillera les maladies spécifiques de l’espèce, et, bien entendu, les bonnes pratiques en matière de prévention à mettre en œuvre pour réduire les risques. Enfin, cette formation se conclura par une demi-journée de visites sur le terrain, dans des élevages avec des conduites différentes, pour mieux appréhender concrètement les notions abordées sur le plan théorique.

Alexandre Coronel

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