Séchage en grange et lait à gruyère

Gaec d’Argirey, à Villers Pater / Le Gaec d’Argirey, qui accueille le salon Tech&Bio, s’est converti en 2009 à l’agriculture biologique. La production de lait pour la filière locale Gruyère IGP permet aux quatre associés de bien valoriser leur savoir-faire en matière d’élevage et le potentiel agro-climatique de l’exploitation.

Le Gaec d’Argirey se situe dans un hameau du village de Villers Pater en Haute-Saône : le secteur est vallonné, boisé, les sols sont limoneux-argileux à argilo-limoneux, de 15 à 40 cm de profondeur. C’est traditionnellement une terre d’élevage herbager. « Historiquement, la ferme familiale produisait du lait à emmental Grand Cru, à partir d’herbe et de foin », précise Ismaël Mougin, l’un des quatre associés, plus particulièrement en charge du suivi des prairies, de l’alimentation, de la santé et de la reproduction du troupeau. Au fil des années, cette exploitation de taille conséquente (240 ha en 1985) a évolué par étapes vers un retour aux fondamentaux herbagers : abandon du maïs ensilage pour se tourner vers la betterave fourragère, puis CTE herbagers signés en 2001, et enfin conversion à l’agriculture bio en 2009. « Pour des raisons économiques, pour répondre à la demande des consommateurs, et avec des interrogations sur la santé aussi… » récapitule Nicolas Mougin, qui a été un temps référent AB à la FDSEA de son département.

L’autonomie comme fil directeur
La démarche des associés, qui n’ont pas hésité à solliciter l’appui technique de la Chambre d’agriculture et à se former aux médecines vétérinaires alternatives pour réussir leur conversion, s’est appuyée sur l’herbe, comme facteur stratégique d’autonomie alimentaire. « La part de l’herbe dans l’assolement a été augmentée d’une cinquantaine d’hectares lors du passage à l’AB, et nous avons mis en place l’enrubannage de manière à sécuriser les stocks fourragers et la production de lait autonome, en limitant nos recours à la complémentation azotée. », poursuit l’éleveur. En arrière-plan, des prairies temporaires productives, intégrées dans la rotation, soit sous forme de luzernes pures (15 ha), soit sous forme de mélanges multi-espèces riches en légumineuses (20 ha). Le parcellaire propice au pâturage des laitières, avec 63 ha accessibles depuis le bâtiment d’élevages, a aussi été un facteur de réussite.

Méteil et aliment fermier
Dans la rotation, des céréales et des légumineuses destinées à l’autoconsommation sont aussi produites : avoine-orge, triticale, pois et féveroles. Certains mélanges (triticale/pois par ex) sont triés après récolte pour maîtriser complètement la composition de l’aliment fermier, préparé à la ferme à l’aide d’une remorque aplatisseur MIX 5000, achetée en commun avec une exploitation voisine. Les cultures de vente (blé, seigle, maïs grain), représentent environ 55 ha chaque année. « Je crois que c’était notre dernière année de maïs, poursuit Ismaël Mougin : avec ces sécheresses à répétition, ça devient trop compliqué ! »
Dernier avatar du Gaec, l’investissement dans un séchoir en grange, pour rejoindre la filière Gruyère IGP… « C’était un projet ancien, qui va encore renforcer la cohérence de notre système », estime Ismaël Mougin, qui répondra volontiers à toutes les questions lors de la visite de son élevage, à l’occasion de Tech&Bio !

AC

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