Le ministre en visite terrain

Politique / le ministre de la transition écologique François de Rugy était en visite en Haute-Saône lundi. Il a notamment visité deux exploitations, à Noroy le Bourg et à Mollans. Le thème des sangliers a été évoqué, ainsi que celui de la séparation de la vente et du conseil par les coopératives, et plus largement celui du service environnemental rendu par les agriculteurs, service que le ministre souhaite rémunérer.

Visite surprise du ministre de la transition écologique le 4 mars en Haute-Saône. François de Rugy a consacré une bonne partie de son après-midi à la visite de deux exploitations agricoles : celle de Cédric Carrey, à Noroy le Bourg, et la Ferme de la Fontaine, à Mollans.

Interval plaide la cause des coops de proximité
A Noroy, le président de la coopérative Interval, Didier Vagnaux, a profité de la présence du ministre pour évoquer le problème de la séparation de la vente et du conseil, sujet très sensible pour les petites coopératives. « On nous montre du doigt : on serait des salopards parce qu’on vend des produits phytosanitaires, et qu’on en vend pour se faire de la marge », interpelle Didier Vagnaud. « Notre chiffre d’affaires phytos, c’est 8,6 %. Si on arrête d’en vendre, on s’en remettra, continue-t-il. Mais il ne faut pas rêver, si ce n’est pas nous qui les vendons, ce sera quelqu’un d’autre. » Quant au conseil, « la coopérative a investi un million d’euros dedans. Nous sommes les seuls à faire des essais dans la région. Ni l’Inra, ni Arvalis n’en font. Alors ce que nous faisons c’est d’abord pour soulager nos adhérents, à qui on demande tous les jours d’être bons en élevage, en techniques végétales, en mécanique, en administration, en gestion… »
Le ministre est resté inflexible sur cette mesure qui a « fait l’objet de débats nourris au Parlement », et qui évitera de « pousser à la consommation ». De manière plus générale sur les produits phytosanitaires, s’il a fait preuve d’un peu d’approximations sur les chiffres (voir par ailleurs), il a rappelé la difficulté de concilier les avis : « J’ai rencontré ce midi des Gilets Jaunes et des associations de défense de l’environnement [collectif Climat de Lure, Haute-Saône Nature Environnement, ndlr] qui m’ont demandé pas moins que l’interdiction de tous les pesticides, dès demain matin. »

Haies : Plus de subsidiaritépour les départements
La délégation ministérielle (avec le préfet de Haute-Saône, le député Lejeune et la présidente de la région Marie-Guite Dufay) s’est ensuite rendue à Pomoy sur une parcelle appartenant à Jean-Pierre Pretot, où les sangliers ont laissé un souvenir « en relief » de leur passage. François de Rugy a pu écouter les agriculteurs, et se rendre compte que les « dégâts de gibier » ne sont pas que des lignes d’indemnisation sur le compte-rendu d’un énième comité théodule parisien.
Toujours en matière d’environnement, Emmanuel Aebischer a incité le Ministre à assouplir les conditions de gestion des haies par exemple, en laissant la possibilité aux agriculteurs de les entretenir sans passer pour des
délinquants. Conscient du travail de bonne gestion réalisé en Haute-Saône sur la cartographie des cours d’eau, François de Rugy s’est dit prêt à élargir la subsidiarité des départements sur d’autres dossiers : « Nous sommes dans l’optique de confier aux préfets un rôle de coordinateur. Les DDT doivent trouver dans tous les départements des solutions sur ce sujet, comme sur celui des haies, en gardant bien sûr en tête les objectifs nationaux liés à la qualité des eaux et des sols. »

Agriculteur et paysagiste…
Enfin toujours sur ce sujet, le ministre a lâché une piste souvent entendue et déjà un peu concrétisée dans certaines mesures PAC : celui de la rémunération pour services environnementaux : « Nous voulons développer le paiement pour services environnementaux. Planter et entretenir une haie, cela peut impliquer une baisse des rendements, et donc des compensations financières. » De plus en plus, le contribuable va payer le revenu des agriculteurs, tandis que le consommateur continuera à ne pas payer sa nourriture au prix qu’elle coûte vraiment.

LD

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