Prometteur… mais tardif !

Maïs fourrage / La culture du maïs a bénéficié de conditions météorologiques favorables tout au long de son cycle, ce qui se traduit par des potentiels de rendements exceptionnels. Mais 2021 reste une année fraîche, ce qui retarde les dates de récolte.

Comme le rappellent les ingénieurs d’Arvalis-Institut du végétal, « la plage optimale de récolte des maïs fourrages se situe entre 31 et 35 % de MS plante entière. La période à laquelle ce stade est atteint dépend du groupe de précocité de la variété cultivée, de la date de semis et des conditions climatiques. Le suivi des sommes de températures depuis le semis, ou mieux depuis la floraison femelle (sortie des soies), permet de prédire la période optimale de récolte. » Or si les précipitations régulières de l’été 2021 ont permis aux cultures de maïs d’exprimer tout leur potentiel de croissance, avec des parcelles particulièrement agréables à regarder, les températures ont été un peu fraîches pour cette plante originaire des tropiques. « Le modèle prédictif de la croissance du maïs est basé sur les sommes de températures au-dessus de 6°C. Si on les cumule depuis le 20 avril (date du semis du maïs), l’année 2021 est l’année la plus fraiche, comme 2013. », constate Emeric Courbet, technicien grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône. En conséquence, les estimations des dates de récolte pour un ensilage s’établissent assez tard dans le calendrier, surtout si on se réfère aux deux années précédentes, marquées par la sécheresse et les stress hydriques. « Pour des semis du 20 avril, dans le secteur de Chargey-les-Gray par exemple, un maïs demi-précoce (indice 350) sera bon à ensiler autour du 17 septembre. Un tardif (indice 500) dans le même secteur… le 12 octobre. Du côté de Villersexel, il faudra attendre trois jours supplémentaires. »

Risques de gelées précoces
Plus préoccupant, le cas d’un semis tardif, au 1er juin, derrière un méteil. « Une récolte en ensilage d’un indice 250 pourra se faire le 28 septembre, mais il ne faudra pas espérer le récolter en grain. » Aussi les cultivateurs croisent les doigts pour que les premières gelées n’arrivent pas trop tôt cet automne. « C’est une plante très sensible au gel, qui endommage les feuilles et met un terme à la photosynthèse, donc à la maturation et au remplissage des grains », précise Emeric Courbet. Un risque d’autant plus inquiétant que pour l’instant les potentiels sont très prometteurs, si l’on en croit les résultats des comptages réalisés ces derniers jours. « Si les poids de 1000 grains (PMG) sont élevés, les rendements devraient être exceptionnels cette année. Sur une base de 75 000 pieds/ha à 510 grains par épi, 4 750 grains/m², dans l’hypothèse raisonnable d’un PMG à 350 g, on arrive quand même à un rendement grain de 134 qx/ha. Dans un autre cas de figure, à 90 000 pieds/ha et 430 grains/épi, soit 3 888 grains/m², pour un PMG de 320 g, le calcul donne 124 qx/ha. »
Côté sanitaire, la situation est saine, les dégâts des pyrales restent très modérés. « Les populations de pucerons ont explosé ces deux dernières semaines, malgré la présence d’auxiliaires. Ceux-ci n’auront pas d’incidence sur le maïs mais il faudra les surveiller dans les céréales d’automne ! » conclut le technicien. n

AC

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