S’abreuver sans dégrader la berge

Elevage / Dans le cadre de la labellisation du territoire « entre Durgeon et Ognon », plusieurs points d’abreuvements sur cours d’eau ont été aménagés dans le secteur de Bouhans les Lure.

Vincent Bresson, éleveur à Bouhans-les-Lure, a accueilli le 4 décembre dernier un groupe d’agriculteurs du secteur pour visiter un des points d’abreuvement de son troupeau laitier sur le cours d’eau qui jouxte ses parcelles de pâturage. Une descente empierrée en pente douce permet
d’accéder à la rive, et de grosses planches de chêne fixées à de robustes poteaux délimitent l’accès à l’eau, comme un cornadis à l’abreuvoir. « Avant les travaux, c’était vraiment des conditions extrêmes ici, avec de la vase au fond du ruisseau, des vaches qui s’embourbaient… Dès la première nuit les vaches sont venues, c’était l’endroit où elles avaient l’habitude de boire », relate Vincent Bresson, très satisfait des travaux réalisés. Ceux-ci ont été effectués dans le cadre d’une opération pilote financée par l’Agence de l’eau, en lien avec la labellisation du territoire « entre Durgeon et Ognon », et ont bénéficié de l’accompagnement technique de la Chambre d’agriculture de Haute-Saône. « Cinq dossiers ont été retenus dans le cadre de l’appel à projet, précise Michel Delhon, le conseiller animateur en charge du développement local de ce secteur. Toute intervention en milieu aquatique – travaux d’aménagements en cours d’eau, de canal ou de fossé, pour passage d’engin, canalisation, entretien, protection de berge autre ouvrage – nécessite de monter un dossier de demande d’intention préalable auprès de la DDT, trois mois avant le début des travaux. »

Du sur-mesure
Cet aménagement, dont le coût est de l’ordre de 3 000 €, permet de supprimer le piétinement des berges par le bétail, sans empêcher les bêtes de venir s’abreuver à la rivière. « Avec les sécheresses à répétition, l’accès à un cours d’eau dans le respect de la ressource va devenir de plus en plus important pour nos exploitations d’élevage », insiste Anne Robin, membre du bureau de la Chambre d’agriculture de Haute-Saône. L’aménagement des points d’abreuvement permet en effet d’éviter l’élargissement du lit de la rivière conduisant à la banalisation des habitats piscicoles et au réchauffement de l’eau, mais aussi d’éviter le colmatage du lit de la rivière, néfaste à la vie des invertébrés aquatiques, de limiter la dégradation de la qualité de l’eau par les déjections animales. « Ces aménagements limitent aussi les risques d’accidents (envasement) et sanitaires pour le bétail (gastro-entérites, douves du foie, mammites,…) mais également pour l’alimentation en eau potable. » poursuit Michel Delhon, appuyé par
Dominique Gilet, le président de la fédération de pêche et de protection cynégétique.
Les travaux ont été confiés à l’entreprise alsacienne « Nature et Technique », dont le directeur général et chef de projet Pascal Maurer était présent le jour de l’inauguration. « ça a l’air assez simple, mais toute réalisation sur un cours d’eau est complexe : il faut tenir compte de nombreux éléments pour que l’ouvrage soit durable dans le temps et rende les services qu’on attend de lui. C’est vraiment du sur-mesure, chaque cas est unique. » Ici par exemple, il a fallu prendre en compte l’étiage (la variation de hauteur du cours d’eau) pour que l’abreuvoir reste fonctionnel même en période de basses eaux, mais aussi les habitudes du bétail, etc… La robustesse de l’ouvrage, avec ses poteaux fichés à deux mètres de profondeur, ses planches de chêne de 5 cm d’épaisseur, ne fait aucun doute. Tous les exploitants concernés par les aménagements se sont félicités de la bonne coopération avec l’entrepreneur. « L’aspect collectif permet de réduire les coûts, notamment tout ce qui est lié au déplacement du matériel. »

Alexandre Coronel

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