Les négociations se poursuivent

Lactalis / Les producteurs de lait livrant à Lactalis ont réuni leur AG à Vesoul le 6 juin. En seconde partie, ils ont reçu les représentants de l’entreprise et ont discuté des négociations en cours à Paris, au niveau de leur association d’OP, l’Unell.

La structure pyramidale des producteurs Lactalis est inchangée depuis ces dernières années. Au niveau du département, c’est l’APLFC (Association des Producteurs Lactalis de Franche-Comté) qui est la structure de base. La présidence est assurée par Nicolas Mauffrey, producteur de lait à La Proiselière et Langle.
Trop réduite pour assurer une formation en OP (organisation de producteurs), l’APLFC s’est associée à d’autres producteurs du Grand-Est (notamment Haute-Marne et Vosges) pour former l’Apllage, reconnue officiellement OP. Depuis novembre dernier, la présidence de l’Apllage est assurée par Bruno Lancelot, producteur de lait en AOP Brie de Meaux à Vouarces, dans la Marne. Enfin, les OP Lactalis se sont regroupées au niveau national en une AOP (association d’OP), l’Unell, qui mène les négociations avec Lactalis, notamment suite aux EGA.

La formule de prix en discussion
Lors de l’AG de l’APLFC le 6 juin à Vesoul, l’animatrice Caroline Guillaume (FDPL 52) est revenue en détail sur l’état des lieux des négociations. La formule de prix fait notamment l’objet de discussions serrées avec l’entreprise. Plusieurs points ont déjà fait l’objet d’un accord.
• Une partie du prix (20 %) sera liée à la valorisation en PGC (produits de grande consommation) export. C’est le prix allemand (fourni par France Agrimer) qui sera la référence.
• Une autre partie (30 %) du prix est liée à la commercialisation de produits industriels. C’est alors la cotation beurre/poudre qui fera foi.
• Enfin pour le reste du prix (50 %), les discussions avancent plus lentement. L’Unell réclame une indexation sur la valorisation des PGC France. Ce prix doit ainsi inclure pour partie les PVI (prix de vente industriels), et pour partie les coûts de production, validés par l’interprofession (Cniel), et qui se montent à 396€ les 1000 L (soit en 38/32 environ 380€).
Et c’est la part des coûts de production dans ce prix qui fait aujourd’hui débat. Au premier trimestre, l’Unell et Lactalis sont arrivés à un accord, en incluant des coûts de production à hauteur de 370€/1000 L, soit 355€ environ en 38/32. Pour le T2 en revanche, aucun accord n’a été trouvé, le prix fixé étant celui de l’environnement concurrentiel

Le « ruissellement » aura-t-il lieu ?
Globalement pour Nicolas Mauffrey, le président de l’APLFC qui participe
régulièrement aux réunions de l’OP, les relations avec l’entreprise « se sont
améliorées depuis ces dernières années », et les OP « ont trouvé leur place dans les discussions ». Les représentants des producteurs n’ont pas manqué de rappeler les engagements de transparence de Lactalis : « Emmanuel Besnier et Daniel Jaouen s’étaient engagés à faire la transparence sur les hausses obtenues, et à reverser l’ensemble aux producteurs », rappelle ainsi Nicolas Mauffrey. « Nous allons effectivement faire authentifier les hausses par d’un audit extérieur », a confirmé Yves Pegeot. « Une fois les hausses authentifiées, l’idée c’est qu’elle retournent au producteurs », insiste Bruno Lancelot. « Çà, c’est quasiment acté, confirme Yves Pegeot, car nos clients l’exigent. Mais ne mettez pas trop d’espoir dans la loi Egalim : rien n’empêche une enseigne de se fournir à l’étranger, chez un industriel qui n’est pas obligé de tenir compte des coûts de production… »
Quant aux difficultés que rencontre actuellement l’entreprise dans ses négociations pour les MDD (marques de distributeurs), le président de l’Apllage estime qu’elles sont « peut-être dues aux prix affichés sur le T2, pas vraiment en phase avec les engagements pris ».

Une cessibilité de proximité
Le prix ne fait pas tout. Les volumes aussi sont en discussion. Au niveau de l’OP, un nouveau système a pris la suite des accords de cession des contrats, devenus obsolètes. Il s’agit des MDP : mouvements de volume de proximité. « L’OP et l’entreprise travaillent pour donner de la visibilité aux producteurs », explique Nicolas Mauffrey. En pratique, les volumes peuvent être cédés entre adhérents de l’OP, sous certaines conditions, notamment celle de la proximité géographique (50 km) pour éviter de voir échapper les volumes. La dotation pour les jeunes installés reste inchangée.

LD

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