Le prix de championnat pour la Haut-Saône

Fête du bœuf / La fête du bœuf à Pouilly-en-Auxois (21) se tenait le 13 avril. Le Gaec Ferme des Alouettes d’Arc-les-Gray a été particulièrement remarqué en race limousine, avec 3 vaches primées, dont le prix de championnat inter-racial. Une reconnaissance pour cet élevage qui n’est passé à la race limousine que depuis une dizaine d’années.

Il y a eu deux surprises pour la Fête du Bœuf ce 13 avril dernier à Pouilly en Auxois (21) : la première, c’est que c’est un élevage de Haute-Saône qui est reparti avec le prix de championnat. Et la seconde, c’est que ce n’est pas une charolaise qui l’a méritée, mais bien une vache limousine.
C’est au Gaec Ferme des Alouettes, à Arc-les-Gray, que l’on doit cet honneur. Le prix a été remis à une femelle de plus de 3 ans, et le jury a apprécié « sa conformation, la qualité de sa viande, et son poids de carcasse » : 900 kg, pour une estimation du poids de viande à 590 kg. Une récompense méritée, d’après les 13 juges qui ont eu un coup de cœur, mais aussi une récompense inattendue, compte tenu de la configuration de l’élevage de la ferme des Alouettes : il y a encore 10 ans, Didier et Brigitte Joyandet, aujourd’hui associés avec leur fils Julien, n’élevaient en race allaitante que des Blanc bleu belge.

Gène culard, mais vêlage facile
« C’est le choix du vêlage facile, qui nous a conduits à changer de race », explique Didier Joyandet. Après le rachat de deux troupeaux en Haute-Vienne, il commence donc à travailler sur l’amélioration du potentiel génétique, et rencontre en 2015 un éleveur limousin reconnu dans le
milieu comme l’un des meilleurs de la race. Il a notamment sélectionné des mâles porteurs du gène mh, responsable du phénotype « culard » (hypertrophie musculaire recherchée pour la production de viande), tout en conservant le caractère « vêlage facile » (veaux de 30 à 35 kg).
C’est donc en travaillant avec cette base génétique que la Ferme des Alouettes a commencé à construire sa propre descendance. Côté vêlages, tout se passe sans problème. Le rendement en viande est excellent et les associés travaillent également à introduire le gène « sans cornes » dans le cheptel.

Bientôt des mâles reproducteurs disponibles
C’est donc un programme de sélection précis qu’ont entrepris les associés. La vache couronnée par le prix de championnat à Pouilly est née d’un taureau de l’exploitation, et permet déjà de faire connaître l’élevage, qui dans un an et demi pourra fournir des mâles reproducteurs. « Samedi, nous avons rempli le carnet de commandes », se félicite le chef d’exploitation. La vache lauréate a en effet été vendue comme quasiment toutes les bêtes présentes à la Fête du bœuf : « Cinq des huit grands prix bovins ont pris la direction de la région parisienne, relève notre confrère Aurélien Genest de Terres de Bourgogne. Les trois autres ont été vendus en Saône-et-Loire, dans le Puy-de-Dôme et en Côte-d’Or. »
Reste que la génétique ne fait pas tout : l’alimentation aussi compte beaucoup pour « bien vendre » ses produits. « Nous nourrissons notre troupeau [160 vêlages par an, NDLR] avec les produits de la ferme, et nous faisons fabriquer un complément à la carte, riche en oméga 3 et sans OGM », explique Didier Joyandet. Une demande forte de la clientèle de la Ferme des Alouettes, qui vend beaucoup en direct sur l’exploitation. Une nécessité aussi pour obtenir des rendements de carcasse acceptables. Pour la vente directe comme pour les clients bouchers, il est important de « diminuer au maximum les déchets dont l’enlèvement coûte de plus en plus cher ».
Maintenant que le potentiel génétique de l’exploitation commence à être
reconnu, nul doute que l’on retrouve les limousines de la Ferme des Alouettes sur d’autres manifestations bouchères, pourquoi pas déjà à la Sainte Catherine prochaine ?

LD

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