Le lait quitte la zone vulnérable

Haute-Saône / La carte départementale de la production laitière confirme le phénomène de migration, et dans une moindre mesure de concentration de la production. Entre 2008 et 2018, le lait quitte la plaine du Graylois et migre vers le nord et le nord-est.

Sur les 10 dernières années, entre 2008 et 2018, le paysage laitier haut-saônois a varié légèrement. Il y a déjà eu l’érosion du nombre de producteurs, soit une baisse de 4,5 % par an au niveau national (52 000 en décembre 2018 contre 65 500 en décembre 2012). Dans le Grand-Est, la baisse est moins prononcée : -2,3 % par an sur les six dernières années ; la Haute-Saône se situe un peu entre les deux, avec une trentaine de cessations par an, sur un peu moins de 800 exploitations laitières aujourd’hui (il en restait 1 100 en 2008).

Le Graylois perd 16 % de son lait
La quantité totale de lait produit en Haute-Saône est en revanche stable. Après une baisse sensible au début des années 2000, la production a augmenté, pour se stabiliser ces dernières années à 310 ML environ pour le département. La barre des 300 millions a été franchie en 2012. Ce qui est plus frappant entre 2008 et 2018, c’est le double phénomène de la déprise dans la zone du Graylois, et la confortation des volumes dans le nord et le nord-est. Les cantons de Marnay, de Gray, de Dampierre et de Scey ont perdu ensemble 16 % de leur volume. Villersexel est également concerné par cette déprise (10%), quand Rioz est stable ou en légère croissance.
Au contraire, le canton de Jussey (premier de Haute-Saône en quantité de lait produit) est en croissance de 15 %, comme Port-sur-Saône et Saint Loup sur Semouse. Melisey est également en forte croissance, et dans une moindre mesure Luxeuil et Lure. Bref, le volume de lait fuit la zone vulnérable.

Méthodologie employée
Les cartes présentées ont été confectionnées à partir des données fournies par Haute-Saône Conseil Élevage. Il a été tenu compte d’un taux de pénétration standard pour la Haute-Saône, et les données ont été croisées avec les bases fournies par l’Administration, pour valider les ordres de grandeur des volumes par canton et la robustesse de l’hypothèse d’un taux de pénétration homogène. Aux redécoupages près (les cantons ont été
redécoupés en 2017 lors de la réforme territoriale), les données sont cohérentes.

LD

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