Le pragmatisme face à l’irrationnel

Élections chambre d’agriculture / La liste commune FDSEA JA était présentée le 3 décembre, et les grandes lignes de son programme pour la mandature à venir dévoilées. Invité à ce lancement de campagne, le secrétaire général adjoint des JA José Jaglin a insisté sur l’importance de la communication dans un monde où les détracteurs de l’agriculture développent des arguments touchant l’irrationnel.

L’enjeu de la campagne aux chambres d’agriculture est important, notamment sur la question de la légitimité des représentants de l’agriculture. Tête de liste de la liste commune FDSEA JA, Thierry Chalmin a insisté sur ce point en rappelant combien syndicats d’une part, chambres d’agriculture de l’autre, ont du poids dans les discussions avec les pouvoirs publics notamment, quand plus de la moitié des agriculteurs (54 % en 2013 en France, plus de 65 % en Haute-Saône) se déplacent pour les élections professionnelles. En comparaison, la participation est de moins de 20 % aux élections pour la chambre des métiers, moins de 15 % pour les chambres de commerce, moins de 10 % pour les syndicats ouvriers…

La proximité au service des agriculteurs
Thierry Chalmin a commencé la présentation en rappelant les missions de la chambre d’agriculture dans les domaines de l’installation, de la modernisation des exploitations, ou encore du soutien technique. « Pour ces missions, c’est un devoir et une nécessité de conserver un échelon de proximité, au service des agriculteurs. Je me vois mal devoir répondre à un agriculteur que le spécialiste qui peut le renseigner se trouve dans la Nièvre ou dans l’Yonne. » Même son de cloche pour José Jaglin, secrétaire général adjoint des JA, qui a rappelé l’importance du travail des chambres consulaires dans l’apport de données objectives au service de l’agriculture en général, de l’installation en particulier. « Dans mon département des Côtes d’Armor, et plus généralement en Bretagne, nous n’aurions plus d’élevage depuis longtemps si les chambres ne s’étaient pas mobilisées à temps, notamment à cause de la qualité des eaux. »

Des outils de performance pour les exploitations
Le thème de la performance économique des exploitations est également revenu dans les questions. De la « capacité de négociations collectives des producteurs » à la « rénovation de la politique fiscale agricole », en passant par « le refus de la surtransposition des normes européennes », beaucoup de solutions ont été proposées. Thierry Chalmin a également évoqué les combats menés dans le département au cours des mandatures passées pour contribuer à faciliter le travail des agriculteurs et la valorisation de leurs productions : « Ce que nous avons fait avec l’IGP Gruyère, avec l’AOC Kirsch de Fougerolles, en partenariat avec les syndicats de producteurs, et ce que nous sommes en passe de réussir avec l’IGP cancoillotte, c’est ancrer les produits à notre territoire, et y conserver de la valeur ajoutée. »

La communication, nerf de la guerre
Le dossier qui risque d’être déterminant pour l’avenir de l’agriculture, notamment à la veille de la redéfinition de la PAC, c’est celui de la communication. Alors que la fracture est toujours grandissante entre réalité du métier et perception qu’en ont les consommateurs urbains, José
Jaglin a insisté sur le besoin de reconquérir le public. « La communication, c’est facile en milieu rural. Mais comment toucher le consommateur parisien, l’urbain qui représente 80 % de notre clientèle ? La communication a été sous évaluée, estime le JA, et la preuve, c’est que certaines personnes exigent de nous des choses… que l’on fait déjà depuis des années ! » Sans compter les arguments des détracteurs de l’agriculture, souvent « proches de l’irrationnel », dont la réfutation prend du temps, tout comme « il faut du temps pour convaincre les élus de ne pas céder et de prendre des décisions réfléchies. » Ou comment échapper en douceur à la politique des dogmes.

LD

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