Les Agricultrices de Haute-Saône font entendre leur voix !

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Agricultrice / La commission féminine de la FDSEA 70 était réunie ce mardi 6 mars chez Céline Lacroix au GAEC des Loges à Oiselay, pour une conférence de Presse destinée à réaffirmer leur rôle en agriculture. La réunion s’est tenu en présence de Mélanie Geoffroy, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité à la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

Bien que la France compte aujourd’hui un demi-million d’agricultrices, bien qu’un quart des chefs d’exploitations soient des femmes, bien que la place des femmes et leurs conditions de vie en agriculture se soient beaucoup améliorées, il reste cependant des voies d’amélioration et de progrès pour la condition des femmes en agriculture.
Le discours dévoilé par la dizaine d’agricultrice présentes est du même ton. Ce qui les anime : leur passion pour le métier. « J’aime me lever le matin pour aller traire, je ne raterai ça pour rien au monde » déclare Jeanine Normand, de Mont-le-Vernois. L’amour du métier d’agriculteur : voilà ce que les agricultrices ont voulu faire passer comme message hier lors de leurs échanges.

« Nous travaillons plus que les hommes »
Concernant la répartition des tâches sur l’exploitation, elles sont parfois partagées entre mari et femme. Mais certaines voient plutôt leur travail complémentaire de celui des hommes, comme Katia Nolot de Raze qui déclare « J’effectue tous les travaux avec mon mari, aujourd’hui une femme peut aussi bien aller dans les champs que s’occuper du troupeau ». La mécanisation permet aujourd’hui aux femmes d’effectuer des tâches physiques, exclusivement réservées il y a quelques décennies aux hommes.
La différence entre un agriculteur et une agricultrice se situe au niveau de l’organisation privée et professionnelle. Selon les agricultrices, l’homme se préoccupe peu de ce qui se passe à la maison « même s’il va chercher les enfants à l’école, ça ne s’arrête pas là ». C’est toujours très compliqué de combiner la traite avec le retour de l’école des enfants, les repas, le ménage et les tâches administratives « souvent à la charge des femmes ». La charge de travail est souvent plus importante pour les femmes. « Nous travaillons plus que les hommes » lance Katia avant que toutes agricultrices acquiescent.

Une bataille de longue haleine
Après avoir obtenu la possibilité de créer des Gaec entre époux en 2015 (seulement), la commission nationale des agricultrices (section sociale de la FNSEA) travaille aujourd’hui sur plusieurs sujets : la revalorisation de la retraite encore inférieure au minimum vieillesse, le congé maternité accessible à toutes, l’accès à l’installation, à la formation et aux postes à responsabilité limitée, etc. Autant de sujets repris dans le rapport rédigé par la délégation aux droits des femmes du Sénat et qui préconise 40 recommandations pour réduire les inégalités. Ce rapport a été remis à Mélanie Geoffroy de la DDCSPP qui lors de sa prise de parole, a proposé aux agricultrices présentes de travailler conjointement sur une communication positive du métier en collège par exemple, pour susciter des vocations et bien faire comprendre aux populations que l’agriculture se conjugue également au féminin.

EL

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