“On va faire remonter l’information !”

Intermarche

On va faire remonter l’information… tels ont été les propos du directeur de l’enseigne Intermarché situé à la Vaugine à Vesoul. Propos qui faisaient écho aux différentes sommations de la délégation d’éleveurs qui étaient venus réclamer des comptes. La délégation emmenée par Emmanuel Aebischer et Gérald Pichot avait la ferme intention de demander à Nicolas Bocquet des explications.
Explications sur l’actuel comportement et attitude de l’enseigne qui serait “lamentables et détestables” à l’occasion de ses négociations commerciales. Selon plusieurs remontées d’informations « les négociations commerciales se déroulent dans un climat plus exécrable que jamais alors que nous sommes à l’issue de 6 mois de discussions des Etats Généraux de l’Alimentation » regrette le président de la FDSEA. Avant d’ajouter que l’enseigne soi-disant producteurs- commerçants souhaite faire passer une baisse de -2 % à -8 % sur les prix ! Le patron du magasin a botté en touche et a expliqué qu’il n’était pas au courant et qu’il allait faire remonter l’information.
Nicolas Bocquet a expliqué à la dizaine d’éleveurs que lui « était dans son magasin flambant neuf et qu’il vient de suivre plus d’une année de chantier ». Le directeur a également expliqué que cette « guerre des prix doit cesser ». Mais qui l’a déclaré cette guerre ? Ce à quoi a répondu un éleveur : « C’est vous ! La centrale d’achat c’est vous ! ».
Nicolas Bocquet a également expliqué que certes son chiffre d’affaires pouvait représenter une somme importante mais qu’au final son résultat net était seulement de 1 %.
Face à un agacement grandissant dans le rang des éleveurs suite aux déclarations du directeur du magasin qui peine à convaincre, le président de la FDSEA a réalisé plusieurs démonstrations chiffrées. « Lorsque je me suis installé (prix des denrées ramené en euros) le prix du blé valait 200 €, le prix du lait 350-360 € et la viande 4 €. Aujourd’hui mon blé vaut 140 €, le lait 320 € et la viande 3,50 €. Je vous rappelle également que plus d’un tiers des producteurs laitiers gagnent moins de 500 € par mois. Et enfin, je tiens à vous rappeler ce rapport de 2017 de l’Observatoire des prix et des marges qui dit que la répartition des marges sur 1 litre de lait a augmenté de 50 % pour le transformateur et de 100 % pour le distributeur et que dans le même temps la marge du producteur a diminué de 4 % ». CQFD.
L’Ania, Coop de France, la FNSEA et l’Ilec (Institut de liaisons et d’études des industries de consommation) ont dénoncé le 30 janvier dans un communiqué commun des « négociations commerciales 2018 catastrophiques et une course irresponsable aux promotions » et « appellent l’Etat à faire respecter la loi et les engagements pris par tous. La grande distribution met sciemment en péril la filière alimentaire française. » Affaire à suivre !

AL

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