La cancoillotte par Milleret

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Charcenne / La fromagerie Milleret, après avoir racheté la marque Le Francomtois en 2014, a désormais repris les machines et la production de cancoillotte de l’ancien site belfortain. L’usine de Charcenne, depuis longtemps productrice de metton, confectionne désormais la cancoillotte. Une nouvelle aventure pour l’entreprise qui va par ailleurs abandonner sa marque « Paysange » pour mieux valoriser son image de PME locale avec le nom « Fromagerie Milleret », tout simplement.

On se souvient du destin à rebondissement de la marque « Le Francomtois », passée successivement entre les mains des coops de Rioz, de Luxeuil, de la CLFC, de l’UPLV et de Sodiaal, pour finir par être reprise en 2014 par la Fromagerie Milleret. L’entreprise charcennaise passe un nouveau cap cette année, avec la reprise cette fois des machines et d’une partie du personnel de l’ancien site de Belfort, et le début de la confection de cancoillotte. La décision de Monts-et-Terroirs, en 2016, de fermer le site de Belfort, a ainsi pris effet il y a un mois. Entre temps, les discussions ont donc eu lieu autour de la reprise des activités par Milleret. « Nous avons racheté les machines, et nous nous sommes engagés à reprendre le personnel », explique Denis Milleret, président du directoire. Sur les 6 salariés de l’usine de Belfort, 2 ont accepté de reprendre du service à Charcenne. Les marques de distributeurs qui étaient produites par le site belfortain ont également été rachetées, et le tout a été transféré sur le site haut-saônois. L’ordre de grandeur de l’investissement réalisé est d’environ 1 M€.

10 % du marché
À côté des géants de la cancoillotte (et des marques phares comme Raguin, Belle étoile, Président), Milleret reste un petit faiseur. Mais entre les volumes sous marque de distributeur et celles sous marque Le Francomtois, l’entreprise s’approche néanmoins des 700 t commercialisées dans l’année, soit 10 % du volume total du marché de la cancoillotte. C’est à peu près le volume commercialisé par l’ancienne SAS Le Francomtois ; pas mal, pour « un marché stable », comme le confie Denis Milleret. Mais pourquoi un tel investissement pour un produit dont le développement est faible ? « Ça a effectivement été une discussion à l’époque », se souvient Denis Milleret, qui assume ce pari sur l’avenir.
Le marché de la cancoillotte a en fait plusieurs avantages. Outre l’image locale et plutôt positive du produit, le marché est très peu délocalisable : 80 % de la consommation de cancoillotte se fait en Franche-Comté. Le marché est d’ailleurs certes petit, mais la production est stable, voire en légère croissance. Les volumes commercialisés en 2000 étaient proches de 4000 t, et la croissance a été depuis de 3 % en moyenne (+2,3 % en 2016 pour près de 7000 t produites chaque année, d’après les chiffres de l’APC, Association pour la Promotion de la Cancoillotte). Par ailleurs, les efforts collectifs réalisés autour de cette association devraient à terme déboucher sur l’obtention d’un signe de qualité (IGP).

« Familiale depuis 1921 »
La nouvelle année comptera donc son lot de nouveautés pour Milleret. Nouveau contrat avec les producteurs, qui rentre en application au 1er janvier, nouvelle production fromagère avec la cancoillotte, et surtout nouveau nom sur les emballages ! La « marque-ombrelle » Paysange, créée en 2008 par stratégie commerciale, est finalement abandonnée au profit d’un nouveau logo : « Fromagerie Milleret », avec le sous-titre « familiale depuis 1921 ». Une manière de valoriser son image de PME locale auprès de ses clients, et une sorte de « retour aux origines ».
« Ça ne fera pas tout, prévient Denis Milleret. Il nous faudra surtout avoir les produits adaptés à notre clientèle, et continuer à travailler la qualité. » Mais le ton est donné, dans une dynamique nationale de promotion de la production locale. « Notre matière première est locale, nous collectons dans un rayon moyen de 24 km, nous sommes implantés à Charcenne sur le site de la fondation de l’entreprise », insiste Denis Milleret. Autant d’éléments à valoriser commercialement. « En termes de traçabilité et de circuits courts, nous avons tout ce qu’il faut. » Entre le local et le côté diététique de la cancoillotte, qui reste une spécialité fromagère légère, les débuts sont prometteurs.

LD

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