Autonomie protéique : les protéines sont dans l’herbe

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Au Gaec Thibault Roche, les taurillons sont engraissés avec une ration à base d’herbe dans un souci d’autonomie alimentaire et de réduction du coût des concentrés.

9h au Gaec Thibault Roche à Champlitte. M. Roche l’associé historique est avec le mécanicien, le pulvé automoteur est en panne. Les travaux de terrassement de la future stabulation de 120 vaches allaitantes attendront. Alexandre, installé en 2008 part faire un tour de plaine des 280 ha de SCOP avec son conseiller grandes cultures.
Au programme : visite des parcelles en semis direct, du blé sous couvert de luzerne et du colza en association avec du sarrasin et de la féverole. Il passera ensuite voir Eddy l’apprenti qui fauche les 23 ha de mélange suisse. C’est la cinquième coupe de l’année, elle sera enrubannée. Virginie, l’épouse d’Alexandre se démène avec les papiers, Londres (reproducteur charolais) doit partir à l’étranger demain matin. Midi approche, les enfants vont revenir de l‘école pour le repas.
De retour des champs, Alexandre distribue la ration aux taurillons : c’est de l’herbe au menu. En quelques années, la ration “classique” composée de maïs ensilage, céréales et tourteaux est passée à 100 % herbe. Enrubanné de méteil (triticale, vesce, avoine et féverole), ensilage de mélange suisse et de luzerne, de la paille et de l’orge. Avec l’installation en 2008 de Virginie et Alexandre, les pratiques d’élevage et culturales sont modifiées, repensées. Le semis direct, les cultures associées et sous couverts sont mises en place. Au niveau élevage, le cheptel passe de 60 à 120 mères Charolaises, adhésion au Herd Book Charolais et à Bovins Croissance Franche Comté. Les jeunes agriculteurs sont pragmatiques et innovants. L’engraissement des jeunes bovins, qui a toujours eu sa place sur l’exploitation est conservé, Alexandre souhaite par contre revoir le rationnement, l’autonomie protéique et la limitation des achats de concentrés sont une source de motivation. L’utilisation des fourrages et céréales produits sur l’exploitation doit permettre de nourrir les animaux.
En quelques années, le maïs ensilage qui était distribué aux taurillons et aux laitonnes disparaît. Des mélanges suisses, de la luzerne et des méteils entrent dans l’assolement. En plus des économies de concentré, les éleveurs mettent en avant des contreparties agronomiques positives (réduction de la pression des adventices, structure du sol, fourniture d’azote).
Pour obtenir de l’ensilage d’herbe ou de l’enrubanné de qualité avec des cultures dérobées ou pluriannuelles, plusieurs conditions doivent être réunies : choisir les bonnes espèces, adaptées au contexte pédo-climatique de l’exploitation, gérer la fertilisation et l’implantation, récolter à un stade précoce sans chercher le rendement maximal.
Si vous souhaitez en savoir plus sur ces pratiques et connaître en détail la gestion de l’atelier d’engraissement des jeunes bovins, l’équipe de Bovins Croissance Franche Comté et les membres du Gaec Thibault Roche vous donnent rendez-vous le lundi 30 octobre à 10 h 00 sur l’exploitation.

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