La journée des agricultrices

Agricultrices

Agricultrices / A la veille de la journée internationale de la Femme, le 8 mars, la commission des agricultrices de Haute-Saône a fait un tour d’horizon de la situation des femmes en agriculture. Un hommage aux quelque 600 agricultrices haut-saônoises, avec Catherine Faivre-Pierret, secrétaire générale de la commission nationale des agricultrices de la FNSEA.

On a coutume de souligner qu’il n’y a pas une seule agriculture, mais une multitude d’agricultures. C’est avant tout parce qu’il a différents types d’agriculteurs… à commencer par des agricultrices. Elles représentent aujourd’hui un quart des chefs d’exploitations. Sur un peu plus de 2 500 exploitants ou co-exploitants à temps plein en Haute-Saône, la Commission des Agricultrices de la FDSEA représente environ 600 agricultrices, chefs d’exploitations ou salariées. « En France, ce sont en tout 394 000 femmes qui participent à l’activité agricole », souligne Anne Robin, présidente de la commission des Agricultrices en Haute-Saône.

« Les portes ne sont pas fermées »
Le 7 mars à Arbecey, à la veille de la journée internationale de la Femme, Anne Robin a tenu à marquer le coup avec un rassemblement au Gaec des Potheys, dont Annaïs Monney est cogérante avec Alexandre Porcherot. La jeune agricultrice a présenté son parcours courageux, de sa sortie des études avec un BTS en production animale, à son installation il y a un an. Entre les deux, c’est le long cheminement du jeune passionné.
Avec une double démonstration : les femmes sont à présent « des hommes comme les autres », mais elles doivent, en agriculture, valoriser leurs qualités propres pour se faire une place dans les exploitations.
« Je me suis rendu compte qu’en agriculture, les portes ne sont pas fermées aux femmes », commence Anaïs Monney. Après son apprentissage, 5 ans au service de remplacement, et autant en salariat, la jeune femme a été la plupart du temps accueillie sans arrière-pensée : « Les agriculteurs de 50 ou 55 ans sont ouverts. Sur certains aspects, une femme dans leur exploitation les arrange : ils prêteront plus volontiers leur matériel à une femme ! » Comme ses collègues du même âge, Anaïs subit la crise de plein fouet alors que les remboursements sont en cours. Heureusement, « son métier, c’est sa passion »…

Des qualités à exploiter
Une passion qui n’est pourtant pas aveugle, au contraire. Pour les agricultrices qui témoignaient, l’objectif n’est pas d’aplanir les différences entre les sexes, mais d’affirmer l’égalité en droits et de valoriser les plus-values de chacun. « Sur mon tracteur, j’avance moins vite mais le résultat est là », se félicite Anaïs. « Pas d’accord, coupe Katia Nolot, exploitante à Aroz. Non seulement on ne va pas moins vite, mais on a une meilleure conscience du danger que les hommes. » Quoi qu’il en soit, les qualités féminines appliquées à l’agriculture sont précieuses : « Observation, patience, vision à long terme, prudence dans les investissements, pragmatisme, hiérarchie des priorités », énumèrent les membres de la Commission des agricultrices. En somme, elles participent à la gestion « en bon père de famille » de l’exploitation. « Avec un œil neuf sur l’exploitation », souligne Catherine Faivre-Pierret, secrétaire générale de la commission nationale des agricultrices à la FNSEA ; notamment dans les cas fréquents des femmes qui rejoignent l’exploitation après une carrière dans d’autres secteurs.

L’organisation pour la vie de famille
Reste enfin à concilier les ambitions de chacune, dans le domaine de l’épanouissement professionnel, mais aussi dans le domaine de la vie familiale. Pour Sandra Thieriot, agricultrice en Gaec à Pressigny (52), la question se pose avant tout du travail commun au sein du couple : « Pas question » pour elle de partager avec son conjoint « seulement des problèmes de boulot ». Installée en 2010, elle développe au sein de son exploitation des compétences techniques nouvelles : parage des animaux, et depuis peu insémination. La recherche de l’autonomie, en quelque sorte.
Pour celles qui font le choix de fonder une famille, le mot-clef est « l’organisation ». « Il est crucial de prendre le temps pour sa vie de famille, insiste Catherine Faivre-Pierret. À nous de savoir établir un planning hebdomadaire, avec nos moments de RTT », plaisante celle qui est aussi marathonienne, championne de trail et monitrice de sport.
Blague à part, l’agricultrice jongle entre ses fonctions de « chef d’entreprise, de maman, de femme d’intérieur, d’éducatrice… » constate Katia Nolot, mère de 3 enfants. « Un confort de vie », ajoute Anaïs Monney, qui élève son jeune fils de 2 ans, et une « souplesse » sans égal dans les autres secteurs professionnels. Mais « parfois cher payé », dans un contexte où la rémunération du travail des agriculteurs, quel que soit leur sexe, est bien en dessous de la réalité du travail fourni.

LD

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