JA défend le modèle familial et la gestion des risques

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PAC 2020 / Face aux crises qui ont secoué le monde agricole, la Pac actuelle a montré ses limites. En vue de la prochaine réforme, Jeunes agriculteurs a mis en débat ses propositions le 1er mars en rappelant qu’au-delà du monde agricole, la Pac façonne en profondeur l’économie et les territoires européens.

Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs, lors du colloque organisé par le syndicat le 1er mars au salon de l’agriculture. Les débats en cours sur la Pac post-2020 ne doivent pas oublier cet objectif de renouvellement des générations. Or, « la Pac actuelle a du mal à répondre aux objectifs et aux difficultés du monde paysan », ajoute Jérémy Decerle. JA défend ainsi la mise en place d’un statut de l’agriculteur actif pour libérer les terres et faciliter les installations, qui doivent s’inscrire dans une politique plus large intégrant des dispositifs de garanties pour les investissements et des garanties pour l’acquisition de foncier, de même que des politiques favorables à l’agriculture de groupe. « L’avenir de la Pac est aussi l’avenir d’un modèle agricole de type familial », insiste Vincent Touzot, membre du Bureau de JA. Ce modèle reste en effet le plus à même de maintenir des emplois et de la vie dans les territoires européens. Car au-delà de l’agriculture, la Pac « est un enjeu de société », avec des questions liées à l’emploi et à l’environnement, souligne Aurélie Trouvé, maître de conférences à AgroParisTech.

Gestion de risques
Pour Aurélie Trouvé, cet enjeu de société sous-tend que la Pac prenne bien en compte les questions environnementales. Néanmoins, « on ne peut pas contraindre le monde agricole dans la situation économique dans laquelle il se trouve aujourd’hui », ajoute-t-elle. D’où la nécessité de réguler les marchés. Pour Vincent Touzot, il faut que la future Pac inclue des aides contra-cycliques et des assurances, en maintenant également le paiement top-up et les aides à l’investissement spécifiques aux jeunes. Flavio Coturni, de la DG Agri, tempère néanmoins : « il faut garder un lien avec le marché ». Par ailleurs, l’outil de stabilisation du revenu, disponible au niveau européen, n’a pas été utilisé, ajoute-t-il. Mais pour aller plus loin en matière de gestion des risques, la question qui se pose est celle du respect des règles de l’OMC. Michel Dantin, député européen, estime qu’il est temps de s’en affranchir, comme l’ont déjà fait un certain nombre de régions du monde. En revanche, « les pays du nord de l’Europe ne sont pas partants » concernant la généralisation des assurances, prévient-il. La France devra donc trouver des alliés pour défendre ses positions. Le député européen précise en ce sens que ce sont les pays de l’ouest de l’UE qui vont devoir défendre la Pac, face aux pays de l’Est davantage attachés à la politique de cohésion dont ils bénéficient largement. Une vision qui s’oppose à celle du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, venu ouvrir le colloque, et qui préconise de lier les deux politiques pour défendre un budget identique à celui de la Pac actuelle. La future politique agricole devra selon lui s’articuler autour de trois enjeux : la politique des aides (qu’il faut lier à l’emploi via le paiement redistributif), avec une compensation plus large du handicap, le verdissement à travers des indicateurs de stockage de carbone dans les sols, et les assurances. Le ministre estime néanmoins que le débat de fond ne pourra pas commencer tant que la question du Brexit ne sera pas réglée.

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