Gérer les haies en collectif

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Collectif / Le 9 décembre, le GIEE Prairies DOR organisera un chantier témoin à Noroy-le-Bourg autour de la gestion des haies. En arrière-plan, se dessine le projet de concrétiser une gestion collective et rentable des haies. 

La gestion et l’entretien des haies peut devenir un casse-tête pour les agriculteurs : législation, temps, rentabilité… Il est de plus en plus difficile de les entretenir efficacement tout en tirant un bénéfice et sans perdre son temps. C’est sur ce créneau que le groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) Prairies DOR est en train de se positionner. Pourquoi pas ? En regroupant sur un même secteur plusieurs gestionnaires de haies (agriculteurs, collectivités), et en faisant appel collectivement à un prestataire pour réaliser l’entretien, on peut récupérer la plus-value de vente des sous produits (bois énergie, compost).

Un chantier de démonstration le 9 décembre
Le GIEE a en tout cas commencé depuis le début de l’année à réfléchir sur des schémas de ce genre. Le 9 décembre, il organise à Noroy-le-Bourg un chantier de démonstration tout public. Le but : montrer la capacité de travail d’un chantier collectif, en premier lieu. Mais aussi discuter de la faisabilité d’une organisation collective autour de la gestion des haies. Un vrai « projet de territoire » qui concerne les agriculteurs et les élus. Le GIEE va assurer le pilotage technique de l’opération. L’idée est de mesurer précisément les intérêts des diverses techniques modernes de gestion des haies, sur un aspect pratique, économique et environnemental. Pour les coupes d’entretien, la barre de coupe sécateur va permettre selon la fréquence de passage le broyage ou le ramassage des branches. Le lamier permet au contraire de valoriser des bois plus gros, qu’il faudra tirer en bout de parcelle en attendant le passage du broyeur. L’épareuse va broyer directement mais ne permettra pas la récupération du bois.

Un travail sur la cohérence énergétique
La gestion des haies en collectif permet de valoriser le bois des haies en plaquette énergie. Mais il ne s’agit pas « de faire de la plaquette pour faire de la plaquette », insiste le président de l’association. Encore faut-il la valoriser intelligemment, c’est-à-dire en prenant soin que tous les intervenants (l’agriculteur, le groupement, le sous-traitant) gagnent à travailler ensemble. Il s’agit également de s’assurer que le bilan énergétique de l’opération soit positif. Parmi les partenaires de l’opération (Borplacal, chambre d’agriculture, Draaf, LPO, Conservatoire des Espaces Naturels), on comptera le Lycée Agricole de Vesoul qui va travailler sur ce thème.
L’intérêt du projet est également financier : La rentabilité ne peut être assurée que par une organisation sans faille des chantiers. Il faut définir une zone, mobiliser les propriétaires, et surtout travailler en concertation avec les administrations, qui sont elles-aussi demandeuses de rationalité. Le GIEE est l’échelle idéale pour être cet interlocuteur. En fait, les objectifs de protection des haies seront bien mieux assurés si les subventions sont confiées à un groupement que si elles sont perçues individuellement. Un mode de fonctionnement encore impossible à cette heure, qui pourrait pourtant se montrer efficace : Au lieu de donner une subvention individuelle par mètre de haie pour une MAE (qui représenterait un faible montant), si on regroupait la subvention pour de nombreux gestionnaires de haies, on réaliserait une économie d’échelle considérable. Individuellement, des mécanismes d’annualisation de la subvention pourraient être imaginés. Du point de vue du financeur, c’est également un bon moyen d’être assuré de sa bonne utilisation. Le schéma fonctionne, le calage technique se fera (notamment à l’occasion de journées comme celle du 9 décembre). Il ne manque plus que l’impulsion politique et la mobilisation de chacun.

LD

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