Contrats tripartites

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Lait / Plusieurs stratégies de contractualisation permettent aux producteurs de lait et à l’aval de la filière de se prémunir des fluctuations de marché trop importantes. Récemment sont apparus les « contrats tripartites » (producteur-industriel-distributeur) qui garantissent une répartition équitable de la marge entre les trois intervenants, et donc un revenu assuré à moyen terme pour tous. 

Après les deux dernières années catastrophiques que nous venons de vivre en production laitière, pratiquement aucun producteur de lait standard ne sort indemne. Les trésoreries sont au plus bas et les payes de lait minables de ces derniers mois ne permettent pas de faire face, chez beaucoup, aux frais courants. Léandre Georget est producteur de lait en Mayenne ; les producteurs Lactalis de Haute-Saône l’ont rencontré à l’AG l’an passé. « Pour la première fois en 30 ans de carrière, constate-t-il, j’ai demandé un échelonnement de facture à mon vétérinaire. »
Pourtant certains éleveurs laitiers ont passé la période sans dommage particulier. Passons bien-sûr sur ceux qui contribuent à des filières de marque (AOC ou bio). Nous avons également parlé dans ces colonnes des contrats basés sur des indices de coûts de production (OP Jura Bresse). Mais ailleurs en France, certains distributeurs ont choisi de contractualiser non pas avec les seuls fournisseurs de produits finis (les industriels), mais également avec les éleveurs laitiers.

Un prix fixé au semestre
C’est le cas du distributeur Lidl France, qui s’est associé avec une organisation de producteurs du Loiret et un embouteilleur (la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel, LSDH) pour livrer deux de ses plate-formes logistiques. Résultat : un partenariat sur 3 ans, et un prix du litre fixé pour 6 mois. Deux fois par an, les 3 signataires se réunissent pour analyser les indices de marché conformément aux clauses du contrat, et définir le prix pour le trimestre suivant.  « Nous bénéficions d’un lissage sur 6 mois, d’un lien avec le prix de valorisation réel par LSDH, et d’une partie de tunnel pour ne pas décrocher totalement avec le marché », explique le président de l’OP. En pratique, les producteurs livrant à LSDH ont reçu une paye de lait au-dessus de 300€ en 2016, soit plus de 30€ de plus que les grands laitiers nationaux. « Bien entendu, si le prix de marché repart à 400€ l’an prochain, nous plafonnerons à 370 avec notre système.  Mais c’est gérable. »

Trouver des industriels prêts à s’engager
Pour Jean-Christophe Mennez, directeur des achats de Lidl France, la difficulté est de trouver des industriels désireux de s’engager dans une telle démarche. Le système demande en effet beaucoup de transparence chez chacun. Les coûts de production des producteurs sont connus, mais du côté de la transformation, « on est frileux pour donner ses
chiffres ».  Dans d’autres secteurs, Lidl a conclu des partenariats similaires : en porc, avec le label rouge (coopérative Opale) et la coopérative Chti Porc. En bœuf, avec des producteurs de charolaise et l’abatteur Puigrenier. « Nous savons vendre ces produits », assure Jean-Christophe Mennez. D’autant que l’image de partenariat avec les producteurs payent : avec un producteur de lait en rayon, les ventes de lait dans la journée sont « multipliées par 12 ». Il est temps que les éleveurs bénéficient de l’image positive qu’ils ont encore dans l’opinion.

LD

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