Les producteurs de lait exigent de Lactalis des prix plus élevés

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Lait / Exténués par la crise du lait installée depuis deux ans, les producteurs laitiers manifestent contre Lactalis à Laval, en Mayenne, le 22 août. Dans le grand Est, la FRSEA et les JA ont lancé une action devant le site Lactalis à Corcieux ce jeudi 25 août. En Haute-Saône les producteurs qui ont été actifs tout l’été contre le n°1 mondial attendent les résultats des négociations pour éventuellement lancer de nouvelles actions syndicales.

Depuis 2014 et le pic autour de 380 € les 1 000 litres en fin d’année, les prix du lait ne cessent de chuter pour avoisiner aujourd’hui les 260 € les 1 000 litres. Entre l’embargo russe en août 2014, la fin des quotas laitiers en mars 2015 et le ralentissement de la demande chinoise, les producteurs sont les premières victimes de la crise du lait qui s’est installée depuis maintenant près de deux ans. S’ils ne peuvent s’affranchir d’un contexte de marché difficile, les éleveurs se battent depuis plusieurs mois pour une plus juste répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière. C’est d’ailleurs l’objectif de la charte de valeurs de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) présentée en janvier 2016. Pour les signataires, volontaires, des efforts de valorisation des produits sur le marché intérieur (affichage de l’origine notamment) doivent permettre de mieux rémunérer les producteurs en se rapprochant de leurs coûts de production. La charte permet ainsi d’intégrer un prix d’équilibre dans les négociations commerciales.

Manque de transparence 
Si les distributeurs ont fait preuve de bonne volonté en signant la charte, les industriels, Lactalis inclus, n’y ont globalement pas souscrit. Pourtant, l’absence de baisse de tarif consentie par les distributeurs leur profite, souligne la FNPL. Et si Lactalis est devenue la cible principale des éleveurs ces dernières semaines, c’est parce que malgré la bonne santé économique de l’entreprise, premier groupe laitier international, les prix qu’ils payent actuellement sont les plus bas du marché, autour de 10 € de moins les 1 000 l par rapport à leurs concurrents comme Bel ou Danone. « Les producteurs de lait comprennent mal qu’un géant mondial soit celui qui paye le moins », indique-t-on du côté de la FNPL. Sans compter que, selon les éleveurs avec qui Lactalis travaille, le groupe entretient des rapports particulièrement conflictuels avec les producteurs et les syndicats. L’entreprise aurait même menacé de rompre les contrats avec ses éleveurs qui viendraient manifester.

Prix trop bas
Les prix prévisionnels communiqués aux organisations de producteurs il y a deux semaines ont mis le feu aux poudres. Et si Lactalis s’est défendu à plusieurs reprises en invoquant des prix du lait très bas au niveau international, dans un contexte concurrentiel, les producteurs rappellent que plus de la moitié du lait valorisé par le groupe l’est sous marques françaises telles que Bridel ou Président. Des marques très bien valorisées par Lactalis sur le marché national. Le porte-parole du groupe, Michel Nalet a de son côté qualifié d’« irresponsable » l’attitude des syndicats, dans un contexte de surproduction et de baisse généralisée des prix. « J’aimerais que Monsieur Nalet nous dise que lorsque le prix du lait était à 360 € en France, il était à plus de 400 € dans les pays européens. A chaque fois nous sommes les victimes. Quand le prix mondial est très porteur, jamais la France ne monte au niveau du prix mondial, parce que nous voulons conserver un prix à la consommation qui reste stable. En revanche, quand cela descend très bas, nous demandons à ne pas descendre au niveau de nos voisins qui eux ont engrangé les années précédentes des prix très élevés », a répondu Xavier Beulin sur France Info le 22 août. Le président de la FNSEA a envoyé le 4 août une lettre à Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, demandant un rendez-vous pour évoquer ces questions, sans avoir obtenu pour le moment de réponse satisfaisante. En attendant, les producteurs de lait de Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France se sont rejoints le 22 août pour occuper le siège de Lactalis, à Laval, bien décidés à y rester jusqu’à ce que les discussions avancent et que les prix augmentent.

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