Bon pied, bon lait

IMG_6051_Pareur

Santé animale / L’assemblée générale de l’Association Nationale des Pédicures pour Bovins s’est tenue en Haute-Saône la semaine passée. Ils étaient une quarantaine de pareurs à avoir fait le déplacement, de toute la France. Le thème retenu cette année tournait autour de la santé du pied en relation avec l’ambiance du bâtiment. 

Après une assemblée générale exceptionnelle (et internationale) en 2015 en Seine-Maritime, les pareurs bovins ont choisi la Haute-Saône pour tenir leur rencontre annuelle en ce milieu de mois d’août. Une quarantaine d’adhérents à l’Association Nationale des Pédicures Bovins (ANPB) ont donc fait le déplacement à la MFR de Montbozon entre le 16 et le 19 août. À la barre de l’organisation, le président Jean-Marc Vacher, qui officie dans le Doubs, et Marie-Sophie Pretot, praticienne de Haute-Saône et membre du Conseil d’Administration.

Santé des pieds et bâtiment
Au programme cette année : santé du pied et bâtiment. « Le pied est témoin de la santé de la vache, rappelle le président de l’ANPB Jean-Marc Vacher. Alimentation, environnement et santé du pied forment un triptyque important qui informe de l’état général de l’animal. » L’état du sabot est donc un témoin important pour l’éleveur, mais également un levier de progrès. Cette année, c’est le lien entre environnement et santé du pied qui a été approfondi par les pareurs, et plus particulièrement le bâtiment. « Il existe différentes lésions du pied qui peuvent être rattachées à la configuration du bâtiment », continue Jean-Marc Vacher. Reste à les reconnaître et à adapter les constructions au mieux.
Au premier jour de l’AG, un mini-salon s’est donc tenu à Montbozon, avec exposition de matériels (cage de contention, électroportatif…). « C’est d’abord une bonne occasion de discuter entre nous, de partager les expériences », confirme un pareur breton venu avec quelques collègues pareurs de Bretagne Conseil Elevage. Le mercredi, la rencontre s’est poursuivie par une visite à Villers Pater, au Gaec d’Argirey. « Il faut se rendre compte que l’implantation et l’ambiance du bâtiment ont un impact direct sur la qualité de l’air, mais aussi l’humidité du sol, et donc l’érosion de la corne et du talon », souligne Jean-Marc Vacher. La vache est un animal naturellement « fait pour aller dans les champs, brouter de l’herbe et marcher », continue le technicien. Dès que l’on artificialise son milieu, on crée un déséquilibre qu’il va falloir compenser en soignant les pieds.

300 € pour une boiterie
Et si l’on néglige cet aspect, l’impact est souvent rapidement visible : La fréquence des boiteries en troupeaux bovins laitiers est en constante augmentation : en 2001, en moyenne 10,9 cas pour 100 vaches présentes/an (étude de l’Inra, Fourichon et al, 2001) et en 2006, 25-30 cas pour 100 vaches/an (étude de l’Idele, Toczé C. 2006). Cette augmentation est vraisemblablement à mettre en relation avec l’évolution des logements (logettes notamment) et de la structure des troupeaux.
L’Idele a réalisé des simulations pour tenter de chiffrer le coût d’une boiterie. Que ce soit en termes de diminution de la production laitière (baisse de l’ingestion), de baisse de la fertilité (comportement de chaleur moins évident), et de sur-infections (position couchée plus prolongée), même une boiterie courte (moins de 8 jours) a des impacts. Pour les boiteries les plus longues (plus d’un mois), on atteint une baisse de production de l’ordre de 800 kg/an, une probabilité de réforme de 35 % (dont 10 % d’euthanasie), et une augmentation de l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) de 30 jours en moyenne. Les pertes sont difficiles à évaluer, mais le Contrôle laitier de Mayenne les estime à 300 € environ par boiterie. Sans compter le potentiel de longévité grevé, et les frais vétérinaires supplémentaires.

Un métier de proximité
Un coût à mettre en relation avec le prix de l’intervention d’un pareur, qui viendra sur la journée pour s’occuper de l’ensemble du troupeau, les boiteuses en priorité. « Dès deux boiteuses guéries, le coût du déplacement est couvert ! » Pour Antoine Periquet, éleveur et pareur dans la Meuse, et ancien président de l’ANPB, le métier de pédicure bovin reste un vrai métier de contact. « On reste toute la journée sur l’exploitation, on mange avec l’éleveur… Ce n’est pas le même contact que pour un commercial ou un représentant. On est dans la proximité. » Et même en période de crise, personne ne peut se permettre de faire l’impasse sur une hygiène du pied : les impacts en cas de manquement sont décelables de suite.

LD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *