Les distributrices font surtout gagner du temps

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Fourrages / Si la mélangeuse peut faire progresser l’ingestion de fourrages grossiers, c’est surtout en termes de productivité du travail qu’elle fait la différence par rapport aux autres modes de distribution.

Les résultats de plusieurs études, en France et à l’étranger ont montré que le simple fait de mélanger la ration de base, composée d’ingrédients de bonne à très bonne qualité, n’apportait pas de modification importante sur le plan de la consommation de ration de base, ni sur celui de la production laitière ou des taux. Ainsi, à la ferme des Etablières les essais d’engraissement de jeunes bovins avec une ration ensilage de maïs et concentrés ne montrent pas d’impact de la mélangeuse sur les performances en engraissement de comparativement à la même ration distribuée à la désileuse (concentrés manuellement) : les durées d’engraissement sont équivalentes pour la production de jeunes bovins de 430 kg de carcasse.
Des essais menés à la station expérimentale de Jalogny en Saône et Loire, sur des rations avec une base importante de fourrages grossiers (foin et ensilage d’herbe), pour des génisses charolaises de deux ans font cependant apparaître une ingestion supplémentaire de la ration (de + 10 à + 20 %) avec la mélangeuse. « En effet, avec des rations composées de fourrages grossiers l’action de broyage de la mélangeuse diminue l’encombrement des fourrages et favorise leur ingestion. », explique Didier Bastien, de l’Institut de l’élevage.

Gain de temps
Les principaux atouts des techniques de distribution mécaniques résident ailleurs. En premier lieu dans l’organisation du travail : dans une étude sur ce thème, l’Institut de l’élevage précise que le temps de travail pour la reprise, le transport et la distribution des fourrages et des concentrés, il ne devrait pas dépasser 30 à 40 minutes pour une quarantaine de vaches et 70 à 80 minutes pour 80 vaches. Différents systèmes permettent d’atteindre ces performances. L’essai conduit sur ce thème à la ferme d’Etablière met en évidence un gain de temps d’alimentation des animaux de près de 50 % permis par l’utilisation de la mélangeuse par rapport à la désileuse. D’une manière générale, le choix doit se raisonner en fonction de la situation initiale, en tenant compte de la quantité de fourrages à stocker et à distribuer, de la taille du troupeau, du mode et des lieux de stockage, ainsi que de l’organisation des bâtiments. La question de la mécanisation de la distribution des fourrages ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur les coûts d’investissement et de fonctionnement : ces deux facteurs peuvent être corrélés négativement avec le temps de travail.
En effet, plus l’investissement est important, plus la charge annuelle correspondante est élevée. Il sera donc nécessaire d’obtenir des gains dans d’autres domaines pour conforter ou améliorer le revenu (coûts alimentaires, performances techniques, frais vétérinaires, traction-carburant, services,…) Les prix de revient observés varient en effet de moins de 5 € à plus de 25 €/1 000 l dans les élevages laitiers, ou moins de 20 € à plus de 100 €/UGB. Ces prix de revient dépendent pour une bonne partie du matériel choisi (5 000 à + de 50 000 €, hors du cas particulier de l’automotrice neuve) et de sa durée amortissement technique. Celles-ci vont de 5 à 12 ans, selon le type de matériel choisi et la taille du cheptel à alimenter.

Charges opérationnelles
La distribution génère aussi des charges opérationnelles, qui dépendent des besoins en traction et manutention : puissance requise, consommation de carburant… à analyser à la lumière des performances du chantier (temps de traction nécessaire à alimenter les différents lots d’animaux). Il est fréquent que la traction coûte plus cher que le matériel de distribution. Ainsi, dans une exploitation de taille moyenne (80 à 120 UGB), on pourra tabler 100 à 150 UGB affouragées/heure de traction, à condition d’être bien organisé : stockage des aliments cohérent pour optimiser le circuit de reprise-distribution. Si le matériel utilisé est un tracteur récent, les frais de fonctionnement générés (fioul et entretien) seront de 0,16 €/ch/H. Pour un tracteur amorti, 0,07 €/ch/H. Pour économiser du fioul et limiter les charges de mécanisation, le plus efficace est de limiter des heures de tracteur. Cela signifie préparer les silos, les concentrés et les minéraux avant le chargement. Une autre piste, qui impacte aussi positivement l’astreinte, est de prévoir le pré-mélange (fibres et concentrés) pour plusieurs jours. Enfin, on regardera les périodes de distribution sur l’année pour les différents lots d’animaux, afin d’arriver à un nombre de jour/an. Pour chaque lot, on multipliera le nombre de jour de distribution par les temps de traction et/ou manutention dans le cas où un chargeur est mis en œuvre, pour arriver à un total annuel d’heures. En ajoutant le coût annuel de la mélangeuse et les coûts de traction et de chargement, on connaîtra le coût global annuel de la distribution (hors main-d’œuvre).

AC

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