Le grand oral des candidats (suite)

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Élections régionales / Alors que le premier tour des élections régionales se tient dimanche 5 décembre, nous publions les réponses des candidats aux questions que leur ont posées les agriculteurs lors de la rencontre organisée par les FDSEA et JA de BFC la semaine dernière à l’EARL Druot dans le Jura.

Sophie Fonquernie, représentant Marie-Guite Dufay (Parti socialiste-PRG-PE)
Le développement d’une agriculture de qualité (AOP, IGP, agriculture biologique) est une priorité. Nous devons soutenir nos exploitations de polycultures élevage qui sont sources de valeur ajoutée et d’emploi et nos filières en travaillant avec les financeurs à tous les niveaux (département, région, Europe) en définissant les 2 ou 3 principaux enjeux par filière. La grande région a un rôle majeur dans la structuration des filières d’excellence pour positionner nos produits dans la compétition internationale. En lait standard aussi, nous devons tirer les exploitations vers davantage de valeur ajoutée, eventuellement par la création de coopératives et en s’intéressant au volet ”alimentation de proximité”. Pour continuer à investir dans la modernisation des bâtiments et des outils de production et de transformation, la région pourra s’appuyer sur les fonds européens dont elle est désormais l’autorité de gestion. L’installation hors cadre familial est une politique qui a fait ses preuves et qui doit s’intensifier en identifiant les exploitations pour éviter leur démantèlement et en insistant sur le recrutement des jeunes. Le remplacement en agriculture permet de rendre le métier plus attractif. La Bourgogne – Franche-Comté doit aussi continuer à favoriser une agriculture plus durable, en diminuant la consommation d’intrants et en développant les pratiques écologiques. Je suis persuadée que nous avancerons en associant écologie et économie. Nous manquons d’un cran de recherche en agro-écologie et d’”agriculteurs-chercheurs” qui aient accés aux recherches pour expérimenter sur le terrain. Nous voulons développer les circuits courts et l’alimentation de proximité et nous aiderons les agriculteurs à la certification biologique. Une agriculture durable est aussi celle qui s’adapte aux aléas climatiques et la région mobilisera ses fonds, comme elle le fait actuellement, pour venir en aide aux agriculteurs dont les productions ont été touchées par la sécheresse. n

Claude Mercier, représentant Cécile Prudhomme (Les écologistes, EELV-MEI)
Nous voulons penser l’agriculture du champ à l’assiette, pour permettre la juste rémunération des agriculteurs, la protection de l’environnement et de la santé. L’agriculture est centrale dans notre projet, pour trois raisons : parce qu’elle détermine ce que nous mangeons et donc notre santé ; parce que c’est un secteur économique essentiel de la Bourgogne Franche-Comté, qui, outre les emplois induits, participe à son attractivité, à son tourisme et à son identité ; enfin, parce que l’agriculture forge les paysages et notre environnement. Ce que vous exprimez sur le rôle de l’agriculture concernant la biodiversité et l’environnement rejoint nos préoccupations. Il faudrait juste rééquilibrer certains modes de productions. Vous avez fait des efforts qu’il faut reconnaître dans la protection de ce patrimoine. Vous y êtes déjà associés, acceptez que d’autres le soient aussi. Travaillons sans agressivité et sans provocation. Nous structurons nos propositions en trois axes :
• soutenir l’agriculture biologique, tant pour ceux qui veulent s’y maintenir que pour ceux qui veulent convertir leur exploitation en bio, que ce soit financièrement, en aidant à la mise en réseau, ou grâce à une mise à disposition de foncier.
• assurer une transition vers une diminution des intrants et une diminituion des distances (circuits courts), une autonomie alimentaire des élevages.
• la structuration des filières pour offrir des débouchés à nos agriculteurs, notamment le développement de repas bio à partir de produits locaux dans la restauration scolaire.
• le maintien de l’emploi passe peut-être par un arrêt de la course à l’agrandissment que l’on vous a imposé.

Maxime Thiebaut (Debout la France)
Nous défendons une agriculture de proximité. Les repas des cantines viendront de la production locale en privilégiant les circuits courts. Nous sommes aussi les seuls à dénoncer le traité transatlantique (TAFTA) signé par le PS, l’UDI et l’UMP avec les américains. Le TAFTA, c’est : la fin des AOC et des AOP (ex. le comté) ; la fin de notre qualité alimentaire ; et du poulet lavé au chlore et de la vache nourrie aux hormones dans nos assiettes ! Nous souhaitons développer un «label unique» pour la Bourgogne/ Franche-Comté afin de mettre en valeur nos agriculteurs mais aussi nos artisans et nos commerçants. Il permettrait d’identifier les producteurs qui s’engagent à cultiver le savoir-faire local et à protéger l’environnement régional. Ce label, c’est :
• Donner une visibilité aux entreprises régionales agricoles et alimentaires en permettant d’identifier leurs produits ;
• Permettre aux consommateurs de trouver des produits de leur région, près de leur lieu de résidence ou de travail;
• Toucher les touristes en visite chaque année dans notre région et favoriser les produits à l’exportation.

Jean Chey, représentant Nathalie Vermorel (L’Alternative à gauche, PCF-MRC-Nouvelle donne-Parti de gauche-associations et syndicats)
La politique agricole régionale doit créer les conditions qui permettent à l’agriculture durable de se développer, alors que la logique de la Pac est toute entière tournée vers le productivisme croissant. Une agriculture durable, c’est une agriculture:
• rémunératrice pour les producteurs, par des politiques de filières créatrices de valeur ajoutée, les signes de qualité peuvent nous sauver
• engagée sur des pratiques répondant aux défis environnementaux, sur une gestion collective et raisonnée de l’eau à usage agricole,
• appuyée préférentiellement sur des circuits courts,
• attentive aux espaces d’échanges entre citoyens et paysans. Les aides régionales agricoles seront dirigées selon des critères de qualité des produits, d’organisation des filières régionales, d’aide au passage « bio », d’aide à l’installation de jeunes agriculteurs. Nous devons laisser la place aux jeunes agriculteurs. Un effort particulier sera fait en matière de politique foncière : non seulement l’aide l’achat de terres, mais un plan d’acquisition publique de réserves foncières à vocation agricole, notamment à la périphérie des grandes villes, afin d’y privilégier « une ceinture verte », c’est-à-dire de l’activité agricole dans de petites et moyennes exploitations en fermage à destination des circuits courts ; Enfin, notre agriculture est engagée dans la mondialisation mise en place par nos élus, la politique régionale ne pourra pas être déconnectée du cadre de politique génénérale sur lequel nous avons des choses à dire. Je regrette que la profession agricole soit une des seules à ne pas pourvoir inclure sa rémunération dans le prix de revient et être obligée­­­­­ parfois de vendre à perte. Les agriculteurs possèdent plus de 62 milliards d’euros sur leurs comptes qui servent à la spéculation foncière. Nous devons les réorienter vers l’agriculture. La valorisation de la filière bois depuis l’abattage jusqu’à l’industrie du bois doit être soutenue. Cela passe par la valorisation des métiers du bois, l’aide à la modernisation des entreprises, l’incitation au transport sur rail ou eau, d’où la nécessité de ré-ouvrir ou créer des gares bois.

Daniel Prieur, représentant Fançois Sauvadet (UDI-Les Républicains)
Notre région dispose d’un vaste panel de productions diversifiées et sous signe de qualité qu’il nous faut conforter et accompagner. Notre objectif est de construire avec vous une nouvelle politique agricole pour faire de notre région “l’alliance de l’excellence”. Les dispositifs qui sont utiles à la profession seront généralisés, les autres seront revus dans le cadre d’un dialogue constant et d’une évaluation annuelle avec le monde agricole, notamment au travers de l’accord cadre signé avec la chambre régionale d’agriculture et de la conférence régionale agricole. Pour développer les circuits courts, par exemple en restauration scolaire, nous aiderons les organisations de producteurs et les coopératives locales à structurer l’offre et la demande. Par ailleurs, nous souhaitons sortir d’une écologie punitive pour aller vers un système de production durable : il s’agira d’inventer de nouvelles politiques liées au changement climatique. Notre région doit devenir pilote dans l’accompagnement des projets qui permettent la diversification du revenu agricole. A titre d’exemple, un tiers des agriculteurs allemands réalise aujourd’hui une partie de leur chiffre d’affaires hors agriculture, et pour la moitié d’entre eux dans les énergies renouvelables. Les aides européennes seront mobilisées en faveur des investissements productifs et un dispositif d’avance remboursable sera mis en place pour faire face à l’aggravation des charges. Nous devons conserver une agriculture produtive capable de nourrir la population mondiale et capable de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation. n

Christophe Grudler (Mouvement démocrate, Modem)
L’agriculture est un secteur d’activité majeur de la nouvelle région. En surface cultivée et en effectifs, nous sommes parmi les 5 premières régions de France. Un domaine à développer et à accompagner. Plusieurs agriculteurs sont sur notre liste. Nos propositions visent à :
• Favoriser une meilleure intégration de la filière agricole de la fourche à la fourchette,
• Créer des labels de qualité à forte valeur ajoutée pour maintenir les prix,
• Donner un vrai statut entrepreneurial de l’exploitation agricole permettant une prise en considération des investissements et des charges,
• Conserver une dynamique rurale pour un meilleur équilibre de nos territoires,
• Soutenir les filières courtes de distribution,
• Favoriser l’approvisionnement local des restaurants scolaires,
• Créer une académie agricole régionale privilégiant la recherche et la réflexion sur la Bourgogne-Franche-Comté agricole du XXIe siècle. Nous sommes favorables à l’idée que vous défendez d’une agriculture en équilibre avec son milieu, mais en concertation. Par exemple les retenues d’eau peuvent s’envisager pour sauvegarder les récoltes là où les milieux ne présentent pas de risques. Nous souhaitons, pour favoriser le dévelopement de valeur ajoutée locale, que les agriculteurs aient accès au logiciel Agrilocal qui permet de répondre à des appels d’offre sur un territoire proche.

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