La charolaise version concours

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Élevage / A une semaine de la manifestation « Festiviande » qui se tiendra à la MFR de Combeaufontaine le premier WE d’octobre, rencontre avec Virginie et Alexandre Thibault du Gaec Thibault-Roche à Champlitte. Jeunes agriculteurs installés en 2008, avant tout passionnés d’élevage et de génétique charolaise, ils présenteront leurs reproducteurs au concours le 3 octobre.

Le maintien de l’atelier viande n’était pas une évidence il y a 5 ans de cela, lorsque Virginie et Alexandre Thibault ont constitué leur GAEC avec Hervé Roche, le père de Virginie. « À notre installation en 2008, on ne savait pas encore comment orienter notre exploitation », explique Alexandre. Une remise en question intéressante de la part de jeunes agriculteurs, plus appliqués à rationaliser leur système d’exploitation plutôt que de répéter un schéma préconstruit. Mais l’analyse du parcellaire (notamment des surfaces non labourables à valoriser) et l’orientation donnée par la nouvelle Pac ont conforté le jeune couple dans l’idée de consolider l’atelier bovin. La surface en herbe a donc été conservée, et même complétée par 30 ha de mélange trèfle-luzerne pour l’autonomie protéique.

60 animaux inscrits au HBC
Après une rencontre avec Gérard Virly, éleveur à Époisses en Côte d’Or et président durant de longues années du syndicat charolais 21, Alexandre et Virginie ont même fait le choix de se lancer dans l’achat d’animaux inscrits. En un an, le cheptel a donc été rejoint par une quarantaine de bêtes reconnues par le Herd Book Charolais (HBC). À terme, le troupeau comptera 60 bêtes inscrites. « Un investissement », selon les jeunes éleveurs qui acceptent cette charge de travail supplémentaire dans une recherche de progrès continu, et surtout grâce à la passion de l’élevage. Car le choix de l’inscription, c’est un engagement supplémentaire : il a fallu bien entendu prendre contact avec Bovins Croissance, pour les pesées obligatoires à 1 mois et demi, puis à 30 mois pour les femelles. Mais le désir de progrès les a aussi amenés à adhérer au syndicat charolais de Haute-Saône, où ils espèrent partager la passion et les connaissances.

Bâtir une stratégie d’élevage
Il leur faudra bâtir petit-à-petit une stratégie d’élevage. Les schémas de reproduction qu’ils réfléchissent en fait déjà partie. Tous deux formés au lycée agricole de Quetigny, ils se perfectionnent en élevage et en génétique. Sur les génisses, ils prévoient de faire appel à l’insémination artificielle pour environ la moitié des bêtes. Pour les vaches, ils ont fait le choix de la monte naturelle, avec en particulier l’objectif de se garder du temps sur l’atelier céréales, très prenant au sortir de l’hiver. Ils disposent pour cela de 6 ou 7 taureaux en service sur l’exploitation. Pour l’évolution de son cheptel, Alexandre a déjà en tête des objectifs clairs : consolider les qualités maternelles du troupeau qui permettent un démarrage rapide de veaux, tout en « apportant de la viande » sur un cheptel déjà bien conformé. Un défi technique. Dès cette année, l’exploitation est déjà en mesure de proposer une dizaine de reproducteurs à la vente. À Combeaufontaine, ils viendront concourir avec une vache et 5 veaux, qu’ils habituent depuis leur plus jeune âge aux manipulations. Depuis 2 mois, les bovins sont attachés et lavés toutes les semaines ; ils seront à n’en pas douter fin prêts pour le concours de Combeaufontaine, et l’inspecteur du Herd Book ne devrait pas tarir d’éloges.

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