Des étiquettes à apprivoiser

 

Jeunes agriculteurs / Les Jeunes agriculteurs ont investi samedi dernier les rayons de l’enseigne Carrefour à Besançon-Valentin pour sensibiliser les consommateurs sur l’étiquetage de l’origine des viandes. Ils ont ainsi stické les produits pour différencier les bonnes et mauvaises pratiques des marques.

Le poulet rôti est bien doré. Visiblement encore un peu tiède. Emballé et pesé pour 7,30 euros. C’est le déjeuner de ce samedi midi pour Claire et Jacky, retraités à Frétigney, débarrassés de la corvée des courses après leur passage au Carrefour de Besançon-Valentin en ce samedi matin. Mais quand Stéphane Sauce, administrateur aux Jeunes agriculteurs (JA) Franche-Comté, leur demande s’ils savent d’où provient leur viande, ils lèvent les yeux au ciel et esquissent un léger sourire qui en dit long. Pourtant, il n’y avait pas de piège dans la question. Comme pour un célèbre fromage, c’est marqué dessus. Sauf qu’en l’espèce, la réponse est un peu vague (Union européenne) et c’est justement là que le bât blesse pour les JA. « Aujourd’hui, le consommateur n’est pas en mesure de connaître l’origine pays de ses produits alimentaires avec les informations disponibles sur le packaging des produits que nous trouvons sur les étalages des supermarchés. Bien souvent, on retrouve derrière nos produits « Origine UE » mais cette mention n’est pas suffisante. Rappelons que les réglementations sanitaires, sociales et environnementales divergent d’un pays européen à l’autre » explique le JA aux deux clients. « Maintenant que vous nous le faites remarquer, c’est vrai que c’est un peu léger comme mention. C’est une judicieuse question que vous soulevez. Nous, simples consommateurs, on a des difficultés à décoder les étiquettes » surenchérit Jacky.

Une évolution insuffisante

Depuis le 1er avril, de nouvelles obligations d’étiquetage des viandes porcine, ovine, caprine et volaille sont entrées en vigueur. La viande d’un animal né, élevé et abattu dans un même État membre pourra être étiquetée comme originaire du pays en question. Dans les autres cas, les lieux d’élevage et d’abattage devront être mentionnés. La Commission européenne ne prévoit, par contre, toujours pas de proposition législative concernant l’étiquetage des viandes transformées. « En dépit d’un léger changement de la réglementation aujourd’hui, la mention pays n’a été rendue obligatoire que pour les viandes fraîches, mais pas pour les viandes transformées » explique Boris Verne, président des JA Franche-Comté. Voilà pourquoi, samedi dernier, les JA ont mené une action de sensibilisation auprès du grand public. Avec l’autorisation du magasin Carrefour, dont son directeur, Alain Gatto, rappelait que « 97 % des viandes fraîches de son magasin sont d’origine France. »

Choisir en connaissance de cause

Pour les JA, les choses sont claires. Le consommateur doit pouvoir choisir en connaissance de cause ses produits alimentaires. C’est pourquoi, industriels, distributeurs, instances sanitaires et politiques doivent à leurs yeux travailler ensemble pour donner un maximum d’informations sur l’étiquetage des produits alimentaires et, en particulier des viandes. Samedi dernier, ils ont donc apposé des stickers pour différencier les bonnes et les mauvaises pratiques d’étiquetages sur les produits alimentaires vendus dans l’hypermarché et répondu aux sollicitations des clients. « Au-delà de l’exigence d’une transparence et traçabilité envers le consommateur, cette action Viande de nulle part vise aussi à éviter toute nouvelle crise sanitaire, de permettre des actes citoyens des consommateurs désireux d’acheter français et de lutter contre le marketing abusif, trompeur pour le consommateur. » Et on le sait, un consommateur averti…

Ludovic Barbarossa

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