Incendiaire en série

 

Sécurité / Six incendies criminels ont été provoqués dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 février, dans la zone d’Autrey-lès-Gray. Un suspect a été interpellé samedi matin suite à une enquête rapide. L’homme aurait également reconnu plusieurs incendies survenus au cours de l’année 2014.

L’enquête a été d’une rapidité fulgurante, mais les plaies seront longues à panser. Vendredi soir, alors que le vent soufflait avec force dans la plaine de Gray, plusieurs incendies ont été signalés, entre 21 h 30 et 23h, dans un rayon de 8 km autour d’Autrey-lès-Gray. « Nous avons été prévenus d’un premier incendie vers 21 h 30 sur la commune de Poyans, raconte le capitaine Michel Vuillamier, de la Compagnie de gendarmerie de Vesoul. Très vite un second incendie a été également signalé à moins de 500 m de là. Nous nous sommes donc doutés qu’un incendiaire était à l’origine des deux feux. » Ce sont en effet les stocks de fourrage d’Olivier Lambert, de Mantoche, et d’Emmanuel Mandigon, maire de Poyans, qui sont partis en fumée. Plus au nord, c’est l’Earl Hugot d’Autrey-lès-Gray qui voit, pour la seconde fois en moins d’un an, brûler ses stocks, à la Charmoiselle. Enfin à 3,5 km de là, un feu est signalé à Fahy-les-Autrey chez Dominique Ramaget. C’est Sylvain Charles, également agriculteur dans cette commune, qui a vu les premières flammes et prévenu les pompiers. Malheureusement, le fait-divers ne s’est pas arrêté aux limites administratives du département, puisque les lueurs de deux autres incendies ont rapidement été visibles dans la nuit en direction de la Côte d’Or. De fait, les stockages de Bernard Souverain à Saint Seine sur Vingeanne et de Jean-Pierre Patey à Pouilly sur Vingeanne ont également fait les frais de l’incendiaire fou. Les pompiers ont même dû mettre en place une lance pour protéger un second bâtiment d’élevage menacé par les flammes, qui abritait des animaux.

Enquête de flagrance

L’enquête de proximité menée par les gendarmes de Gray vendredi soir a été particulièrement rapide. En tout, ce sont 30 militaires qui ont été mobilisés, entre les brigades de Gray, de Dampierre, de Marnay, de Rioz et d’Is-sur-Tille. Ils ont été épaulés par un hélicoptère de la section aérienne de Dijon. En recoupant les déclarations des témoins, les enquêteurs identifient un suspect. L’homme, habitant Autrey, n’a pas pu être appréhendé immédiatement vu l’heure tardive. « Samedi matin à l’heure légale (6h), nous avons interpellé l’individu à son domicile », explique le capitaine Vuillamier. Placé en garde-à-vue pendant 48 heures, le suspect a « reconnu être à l’origine des faits, sans expliquer clairement le sens de son geste ». Il a également reconnu d’autres méfaits similaires qui se sont déroulés au cours de l’année passée. A l’issue de sa garde-à-vue, il a été remis à un juge d’instruction qui sera chargé de l’enquête, et placé en détention.

1 400 m3 de fourrage

Sylvain Crucerey, le président de la FDSEA, s’est rendu sur place samedi matin. « Les gars sont dégoûtés, témoigne-t-il. Dans le secteur il reste encore pas mal de stocks, notamment de paille. Pour beaucoup ce sont des stocks déjà vendus, avec des contrats qui ne pourront pas être honorés. » Pour alerter les agriculteurs susceptibles d’être à leur tour victimes, La FDSEA a envoyé un SMS à tous les agriculteurs du département, samedi matin. Dès que les gendarmes ont communiqué sur l’interpellation du suspect, un second message a été envoyé. La fébrilité était forte dans le voisinage. « Les gars qui avaient du matériel sous abri commençaient à le sortir en prévention ». Certains en arrivaient même à organiser des tours de garde dans les bâtiments. Ce sont plus de « 1,400 m3 de fourrage qui ont été brûlés », décomptent les gendarmes. « L’inquiétude a été particulièrement forte à cause des conditions météo, complète Sylvain Crucerey. Avec le vent qui soufflait, et compte tenu de la vulnérabilité des bâtiments isolés, on pouvait s’attendre à d’autres mauvaises nouvelles. » Pour les sinistrés, reste à prendre contact avec les assurances. Deux démarches doivent être effectuées en parallèles, une de la part du propriétaire du fourrage, l’autre de la part du propriétaire du bâtiment. A l’assurance après de se retourner contre l’incendiaire.

LD

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