Le pays des 3 foires

 

Foire de Grammont / La 513ème foire de Grammont se tient le samedi 28 février. De tradition ancienne à l’image de la foire de la Sainte-Catherine à Vesoul, à caractère rural comme celle de Saint-Bresson, elle continue à mobiliser les énergies.

Dans notre monde de communication, on a peine à s’imaginer ce que représentaient pour nos ancêtres les foires commerciales. Les échanges de biens étaient le prétexte, mais le développement des techniques et des idées qui en découlaient dépassaient largement la simple rencontre de camelots et de paysans. A peine plus au nord, dans le Comté des Champagne, des villes comme Troyes ou Bar-sur-Aube ont connu leur heure de gloire du temps des foires de Champagne dès le XIIe siècle. Un héritage dont on profite encore : l’once troy reste la référence de masse mondiale pour le commerce de l’or. Plus modestement en Haute-Saône, Grammont a longtemps été le rendez-vous incontournable du commerce local, notamment pour l’économie agricole.

513ème édition

Les organisateurs de la foire, regroupés au sein du « Comité de la Foire de Grammont » aiment à rappeler les origines lointaines de cette manifestation locale : « Sa création remonte au 8 août 1502 » raconte Eliane Boucard, agricultrice à Grammont et présidente du Comité. Une trace indéniable de cette ancienneté : un décret du 15 mars 1807, fixant au « 22 février la foire aux chevaux, au 6 juin la foire aux outils et au 15 octobre la foire aux semences ». Trois foires pour un petit village, de 384 âmes à l’époque ! A la fin du XIXe siècle, le village ne comptait qu’un peu plus de 200 habitants, mais sa foire aux chevaux avait un rayonnement national à l’égal de celle de Chalon sur Saône.
Un passage incontournable notamment pour les intendants des armées, grandes consommatrices de chevaux de trait. L’érosion de l’économie rurale, l’exode rural et la modernisation des techniques de production agricole vinrent à bout des foires aux outils et aux semences. Quant à la foire aux chevaux, elle perdit sa place primordiale, comme fut détrôné le cheval dans le transport commercial et militaire, au début du XXe siècle.

La choucroute : depuis quand ?

Pourtant en 1955 la foire de Grammont connut un nouveau souffle avec la mobilisation des habitants. Elle se tint pendant une vingtaine d’années tous les 22 février. Elle perdure depuis, animée par une armée de bénévoles, désormais plus nombreux que les habitants (95 bénévoles cette année pour 72 habitants !). Lieu privilégié de rencontre pour le monde rural avec de matériel agricole, Grammont accueillera des commerçants venus parfois de très loin : chevaux, moutons, porcs, génisses… Les plus jeunes pourront apprécier les balades à poney, ou admirer les truies suitées que les éleveurs locaux présenteront. Plus de 150 exposants seront présents lors de cette édition 2015 : motoculture, quads, tracteurs, artisans de bouche et d’art, produits du terroir…
Bien entendu, il conviendra de déguster la traditionnelle choucroute qui contribue en partie à la convivialité de cette journée. Une tradition qui remonte au milieu des années 70. A l’époque la foire se tenait encore le 22 février, et bien souvent les enfants devaient patienter la fin des cours pour se précipiter chez « Racine, bonbons et macarons »… Mais une année, le garagiste qui tenait la buvette le jour de foire a rendu son tablier. Plus de buvette pour la foire ? « Impossible ! » s’est dit Roger Belon, encore aujourd’hui investi au sein du Comité. « On s’est décarcassé pour ouvrir, dans la salle de l’école qui servait de salle des fêtes, un lieu convivial. » Tout le monde se mobilise, et Roger Belon propose de servir une choucroute. « On les réchauffait sur les réchauds à gaz, dans l’ancienne salle de la mairie », se souvient-il. Aujourd’hui ce sont plus de 1 000 plats qui sont servis. « Les tickets sont en vente dès 9 h 30 », rappelle la présidente du Comité Eliane Boucard qui pour une fois ne sera pas en cuisine à cette heure, mais sur le pont pour accueillir à 10h les officiels qui viendront inaugurer la 513e de Grammont.

LD

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