Le séchage plutôt qu’une récolte compromise

Tournesol / Au niveau économique, il est préférable de recourir si besoin au séchage plutôt que de risquer de compromettre la récolte du tournesol et la qualité d’implantation de la culture d’hiver suivante.

La campagne tournesol 2021 se caractérise dans les régions Nord et Est par un cycle long du fait d’un déficit de température et d’une alimentation hydrique non limitante. Par ailleurs, des parcelles ressemées tardivement sont peu avancées en stade. Cela a pour conséquence de retarder les récoltes qui pourraient débuter mi-septembre et se prolonger au-delà de fin octobre.
Après plusieurs années de récolte en conditions sèches, le séchage des graines (et son coût) va revenir d’actualité en 2021.

Trouver le meilleur compromis pour récolter
Pour une récolte optimale dans ces conditions délicates, il va donc s’agir de trouver le meilleur compromis entre trois paramètres antagonistes en termes de dates.
D’abord une récolte assez précoce pour ne pas compromettre le rendement et la qualité du tournesol ainsi que l’implantation de la culture suivante (culture d’hiver en particulier).
En deuxième lieu un taux d’humidité des graines permettant la récolte (inférieur à 15 %).
Et enfin, assurer une marge économique intéressante, dans un contexte de marché des graines porteur. A la condition bien évidemment qu’il soit possible au niveau logistique par votre organisme de collecte et de stockage, le séchage pourra être nécessaire et justifié dans certaines situations en 2021.

Une réduction réelle mais limitée de la marge
Les frais de séchage, engagés pour une récolte réalisée entre 12 et 15 % d’humidité des graines, réduisent de façon réelle mais limitée la marge (voir tableau). Ces coûts de séchage sont néanmoins inférieurs aux pertes économiques induites par une récolte trop tardive. Pertes de rendement, par prélèvements par les oiseaux ; maladies de fin de cycle comme le botrytis ; chute de capitules ; absence de récolte dans les cas extrêmes, mais aussi baisse de la qualité des graines par augmentation de l’acidité, et enfin dégradation des conditions de semis de la culture d’hiver suivante (tassement éventuel ; retard de date de semis…)

Risque d’acidification des graines
Il s’agit d’une dégradation de l’huile contenue dans les graines lorsque les conditions de conservation sont mauvaises et qu’elles favorisent en particulier le développement de moisissures. Cette acidification de l’huile dégrade sa qualité et le rendement en huile au niveau du raffinage.
Pour les prochaines campagnes, le conseil de privilégier des dates de semis précoces du tournesol, dès que le sol est assez ressuyé et réchauffé (> 8 °C), avec une variété de précocité adaptée, se trouve renforcé.

V. Lecomte – Terres Inovia

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