Les limites des petites terres à cailloux

maïs

Essai Arvalis sur maïs / En 2020, un essai variétés de maïs a permis de mesurer l’intérêt agronomique et économique des cultures de printemps sur les « petites terres à cailloux » du nord de la Côte d’Or (21). Retour sur les premières conclusions.

Dans les sous-sols de la région Bourgogne-Franche-Comté, on trouve de l’argile, du grès, du calcaire, du gypse et des alluvions. Les paysages sont marqués par trois massifs montagneux tels les Vosges, le Jura et le Morvan, qui expliquent le relief vallonné. La région est au carrefour des influences océaniques, continentales et méridionales. Sur le Morvan, on retrouve une météo proche de celle des montagnes : froide en hiver avec des étés frais comprenant une forte pluviométrie. A contrario, sur les plateaux et monts, le climat est plus froid et moins humide que dans le Morvan. Les régions abritant les chaînes de montagnes sont, quant à elles, pluvieuses. La Bourgogne est plus propice à des étés chauds et secs comparée à la Franche-Comté.

Relief et météorologie
On retrouve différents types de sol comme des sols sur roches peu perméables et hydromorphes, des sols sur roches granitiques, acides, des sols profonds sur roches de schistes, d’argiles, de limons et des sols avec des couches d’argiles fines sur roches calcaires et caillouteuses. Le département de la Côte-d’Or, comme celui de la Haute-Saône et une partie du Jura se trouve dans ce qui est défini comme la zone intermédiaire française. En forme de croissant traversant la France, cette zone est caractérisée par des sols pierreux de faible profondeur sur substrat calcaire, et des sols plus lourds argilo-calcaires hydromorphes. La réserve en eau de ces « petites terres à cailloux » est le plus souvent limitée (moins de 50 mm). Les rendements en blé plafonnent autour de 60 quintaux par hectare, et stagnent – voire baissent depuis plus de 20 ans. Autant d’éléments qui amènent à réfléchir sur la rentabilité de ces terres superficielles.

Atouts du maïs grain précoce
Arvalis a choisi de conduire un essai maïs grain dans ces petites terres à cailloux pour plusieurs raisons. En effet, cette culture a l’avantage d’être implantée sur l’ensemble du territoire, car il existe un nombre important de variétés aux précocités différentes pouvant s’acclimater aux régions françaises et leurs sommes de températures disponibles. Bon précédent, le maïs est très intéressant en termes de diversification des rotations, de la répartition des risques climatiques entre espèces cultivées et d’étalement du travail. Le maïs présente un faible IFT (Indicateur de fréquence de traitement) : en végétation, les traitements sont généralement limités au désherbage. Enfin, le maïs a de faibles besoins en azote.
Dans le contexte pédoclimatique de la grande région, de plus en plus d’agriculteurs s’interrogent sur la viabilité d’une « précocification » de leurs variétés. Le choix d’implanter des variétés précoces doit être minutieusement étudié pour plusieurs raisons. Celle-ci présentent des potentiels de rendements plus faibles, mais ouvrent la perspective de réaliser des économies de frais de séchages, qui représentent des charges parmi les plus conséquentes pour cette culture. Les récoltes plus précoces permettent de minimiser les risques de dégradation sanitaire du grain. Enfin, c’est la possibilité de libérer les parcelles plus tôt pour permettre l’implantation de la culture suivante.
L’essai mis en place sur ces sols superficiels vise en premier lieu à comparer les différents indicateurs de performances agronomiques et technico-économiques de plusieurs groupes de précocités de variétés de maïs grain dans différents potentiels de rendements et en culture pluviale. Le second objectif est de confirmer les densités de semis optimales par groupe de précocité.

L’essai de 2020 à Coulmier-le-Sec
Le maïs a été implanté avec le semoir monograine de l’agriculteur, sur un passage de strip-till (le travail du sol sur le rang a été réalisé le 6 avril) par temps sec (pas de problème de compactage ou de lissage lié à la dent de strip-till). La date de levée établie au 11 mai a été régulière.
Cependant, une forte carence en potassium est apparue dès le stade 5-6 feuilles. Elle a fortement impacté le développement du maïs tout au long de son cycle. Cette carence s’est exprimée sur tout l’essai. S’y est ajouté un été chaud et sec : cela s’est traduit par des plantes mesurant environ 1,50 m avec parfois peu d’épis. La récolte a eu lieu le 30 octobre 2020 avec des humidités en moyenne de 30-35 %.
En conclusion, cet essai est représentatif de l’année. Etant situé sur des « petites terres à cailloux » (faible réserve utile + éléments grossiers), les maïs ont souffert de l’été chaud et sec 2020. A cela s’ajoute cette carence en potassium qui n’a pas favorisé le maïs sur ce type de sol. Ces facteurs ont fortement impacté l’essai, avec une floraison retardée (fin-juillet/début août), de faibles rendements et un pourcentage d’épis par plante aux alentours de 50 %. Pour la reconduite de cet essai, il pourrait être intéressant d’essayer d’interagir avec les densités de semis, les diminuer par exemple, et se concentrer sur des variétés précoces, par exemple, en évitant les G3.

Maxime Razin
(Arvalis – Institut du végétal)

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