Il s’agit bien d’un loup (enfin!)

Attaques Fougerolles / La préfète de Haute-Saône a présidé le mardi 8 septembre le premier comité loup de Haute-Saône. Une réunion jugée inédite avec un certain nombre de conclusions à l’arrivée.

Plus d’une trentaine de participants s’était donné rendez-vous à la maison des agriculteurs pour le premier comité loup de la Haute-Saône.
Objectif de cette réunion : faire le point de la situation dramatique de Fougerolles, bien comprendre le cadre réglementaire pour répondre à cette situation d’urgence et définir des actions de travail pour arrêter ce massacre permanent de l’animal.

Bilan dramatique
Une dizaine d’attaques perpétrées en seulement 15 jours. Il n’y a pas à dire mais la situation fougerollaise inquiète. Une seule et même interrogation sur les lèvres des participants : comment comprendre et analyse le comportement de cet animal que l’on peut juger de très atypique !
Atypique par son nombre d’attaques, atypique par son introduction dans les bâtiments et atypique par ses déplacements en plein jour à la vue de chacun.
L’animal interroge et a occasionné de longs débats même au niveau national pour déterminer s’il s’agissait bien d’un loup.
La réponse a été donnée aux participants « oui, il s’agit bien d’un loup. Un loup qui a causé et qui cause des dommages importants aux éleveurs. » 
« A ce stade, nous arrivons à une trentaine d’animaux touchés. Je ne dors plus la nuit, j’ai peur pour mes bêtes. Elles sont enfermées la journée pour les protéger alors que je préférerai les voir dehors. Mon stock de foin pour passer l’hiver diminue. Je vais devoir les relâcher ! » s’exprime Joseph Lopes des sanglots dans la voix, éleveurs de brebis à la Ferme du Bout à Fougerolles.

Plan Loup
En visioconférence depuis Lyon, des spécialistes de l’application du Plan Loup de la Dreal et de la DRAAF ont éclairé les participants sur les choses qu’ils étaient possibles de faire. Et surtout comment réagir à temps. La question de la protection a été au cœur des discussions et celle des indemnisations. Thierry Chalmin d’un revers de main balaie le plan d’action national Loup dont « la profession est contre depuis de nombreuses années ». Emmanuel Aebischer quant à lui conteste le fait qu’il faille protéger ou plutôt surprotéger les fermes. « On ne va pas mettre un gendarme dans chaque ferme du finage fougerollais, c’est ridicule ! »
« Supprimer le dommage ! Supprimer le responsable » telle a été le mot de Madame la Préfète à ce comité loup. Une affirmation et une attitude qui s’inscrit dans le cadre réglementaire et juridique que prévoit ce plan loup à savoir « une dérogation à l’interdiction de destruction. »

Abattre ce loup
La très grande majorité des participants s’accorde à dire qu’au vue du comportement détonant de l’animal (qui n’a pas peur de la présence humaine), il faut l’empêcher de recommencer à sévir.
Depuis de nombreux jours des tirs d’effarouchements sont réalisés par des personnes habilitées mais sans succès. Le plan loup offre la possibilité de passer à la vitesse supérieur avec un tir de défense simple (un TDS). Il prévoit 17% de prélèvements soit 90 individus sur une population totale estimée à 550 (source Dreal Auvergne Rhône-Alpes). L’éleveur fait la demande via un formulaire de ce TDS à l’autorité préfectorale. Seul, l’éleveur victime d’une attaque peut en faire la demande. Si l’élevage touché produit des bovins, selon le plan loup ce type d’animal est considéré comme « non protégeable ». Ainsi le TDS peut s’opérer immédiatement. Si l’élevage touché est en production ovine-caprine, il faut d’abord que l’éleveur ait prouvé qu’il a bien mis en œuvre des dispositifs de protection de ses troupeaux. S’il ne l’a pas fait et prouvé, il ne peut pas demander le TDS. Le TDS peut se faire par un chasseur mandaté par l’éleveur. Le chasseur n’a pas le droit à un matériel de vision thermique mais avant le tir doit bien identifier l’animal à l’aide d’un dispositif d’éclairage. Il existe mais dans un second temps le tir de défense renforcée. Dans ce cas plusieurs tireurs (jusqu’à 10) si la prédation subsiste. « En moyenne pour qu’il soit efficace, on demande à 3 tireurs d’être présents » selon les retours d’expérience de la Dreal.
En conclusion de cette réunion, la préfète a rappelé la mobilisation dès le début des services de l’État en lien très étroit avec la FDSEA.
« Il faut agir » a-t-elle déclaré tout en ajoutant « dans le cadre que nous offre la loi ».
Emmanuel Aebischer s’inquiète quant à lui si le fruit de ce comité ne débouche sur aucun résultat qu’une certaine « désobéissance civile » puisse se mettre en place à Fougerolles. Ce à quoi Thierry Chalmin a rappelé l’importance de la sauvegarde de notre « pastoralisme » face à un « ensauvagement de la France ».
Ce comité Loup 70 doit à nouveau se réunir dans les prochaines semaines. 

AL

NDLR : Mercredi 9 septembre au soir, les trois élevages avaient dûment rempli le formulaire de demande de tir de défense simple. Les protagonistes espèrent un avis rapide de la préfète et qui plus est favorable. Espérance relayé directement auprès de l’autorité préfectorale par Emmanuel Aebischer lors d’un entretien téléphonique.

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