Analyser pour mieux anticiper

Fourrage / Plusieurs méthodes permettent d’évaluer la valeur alimentaire des fourrages récoltés : ces données permettent d’ajuster les quantités distribuées, les correcteurs et éventuellement de prévoir des achats de fourrages complémentaires.

Foin, regain, ensilage d’herbe ou de maïs, enrubanné, méteil… que
valent exactement les fourrages récoltés et quels sont les critères les plus utiles pour composer une ration équilibrée ? L’analyse de la composition chimique d’un fourrage permet de prévoir sa valeur alimentaire et ainsi d’ajuster la ration distribuée aux animaux. « A partir de la composition chimique du fourrage, des équations de prévision établies par l’INRA et perfectionnées au fil des années, permettent de calculer des critères pertinents tels que la digestibilité de la matière organique ou la dégradabilité de l’azote. », explique Honorine Adam, de Haute-Saône Conseil Elevage. Ces critères sont ensuite utilisés pour le calcul de la valeur
alimentaire du fourrage (les fameuses valeurs UE, UF et PDI). « La composition chimique d’un fourrage sert de base pour calculer les quantités de fourrage à distribuer, ajuster la complémentation en concentrés et/ou minérale ou d’évaluer la qualité de conservation des ensilages. »

Deux méthodes de laboratoire
Pour bien comprendre les résultats d’une analyse de fourrage, il faut connaître les deux principales méthodes mises en œuvre dans les laboratoires. Rappelons avant tout que les fourrages sont composés d’eau et de matière sèche. La teneur en eau varie d’environ 10 % pour un foin à 90 % dans le cas d’un fourrage vert. La matière sèche représente d’une part la matière organique (composée des constituants pariétaux, des glucides intracellulaires – amidon et sucres solubles -, des lipides, et des matières azotées totales ; et d’autre part de la matière minérale (macroéléments et oligo-éléments). Les paramètres analysés sont généralement rapportés sur une base sèche et exprimés en gramme par kilogramme de matière sèche (g/kg MS) ou en pourcentage (% sec). Ceci permet de comparer les fourrages entre eux sur une base commune car l’eau n’apporte pas de nutriments.
La méthode d’analyse chimique, historiquement la première mise au point, utilise les résultats de réactions physico-chimiques pour déterminer la composition chimique du fourrage (matière sèche, matière azotée totale, cellulose brute, matière minérale,…) Ces paramètres permettront de calculer ensuite la digestibilité de la matière organique du fourrage et prédire sa valeur alimentaire (UFL, PDIN, PDIE,…) « Cette méthode de référence offre le maximum de précision pour d’un fourrage, mais c’est la plus onéreuse – entre 60 et 80 € – et la plus longue en termes de délai de résultats. »

Les infra-rouges
Depuis les années 2000, la technologie de spectrométrie infra-rouge est utilisée dans le domaine de l’analyse des fourrages. L’absorption de la lumière par la matière organique de l’échantillon dépend des teneurs en protéines, des lipides, des glucides (sucres, amidon), de l’eau et de tout autre constituant. La composition chimique peut donc être estimée par une mesure de l’absorption de lumière infrarouge réalisée par un spectromètre. Le spectre obtenu lors de l’exposition d’un échantillon de fourrage au rayonnement infrarouge est comparé à une base de données, ce qui permet de déduire la composition chimique du fourrage par analogie. « Très fiable pour un fourrage simple, cette méthode n’est pas adaptée pour qualifier la valeur alimentaire d’un foin de prairie multi-espèces. Elle a en revanche l’avantage d’être extrêmement rapide au niveau de l’obtention des résultats (immédiat à quelques jours), et d’être peu onéreuse (30 € environ). »

AC

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