Travailler avec les forces vives

Élections chambre / Pour les premières des 42 réunions cantonales prévues avant les élections chambre d’agriculture, la liste commune FDSEA/JA/SDAE avait invité Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Deux réunions se sont tenues à Saint Sulpice et à Saint Bresson le 20 novembre.

Agriculture ou ruralité ? L’un ne va pas sans l’autre. C’est ce que Daniel Prieur a évoqué dans son propos liminaire, après la présentation de l’exploitation d’Arnaud Cabut, à Saint Sulpice. De fait, en évoquant la vie de son exploitation laitière, Arnaud Cabut a lancé plusieurs perches à son collègue Daniel Prieur, éleveur dans le Haut-Doubs et secrétaire général adjoint de la FNSEA. « Si je demande si des services sont maintenus dans vos villages, c’est aussi parce que le dynamisme des territoires ruraux est une nécessité pour une agriculture performante, commence Daniel Prieur. Des services accessibles, une densité d’élevage minimale, ce sont des conditions pour la persistance d’une agriculture, et surtout d’une agriculture d’élevage. »

Gaulois réfractaire
Proximité donc comme maître mot. Y compris dans les services des chambres consulaires, puisqu’il était question d’élections à la chambre d’agriculture : « L’efficacité de nos services ne peut pas se concevoir sans une forte proximité avec nos collègues agriculteurs, maintient Thierry Chalmin. Nous ne sommes pas contre une forme de régionalisation, s’il est prouvé qu’on peut faire des économies, mais il y a des limites. » Daniel Prieur acquiesce, et se dit prêt à « défendre à Paris les idées locales qui tiennent debout », quitte à être traité parfois de « Gaulois réfractaire », référence aux propos du Président de la République lors d’un déplacement au Danemark en août dernier.

Plus la médaille grossit, plus le revers est important
Il a été aussi longuement question de communication dans les discours. Pour Daniel Prieur, les débats récents autour de l’agriculture et de l’alimentation sont d’abord dus au niveau technique et qualitatif élevé atteint par l’agriculture française. « Plus la médaille grossit, plus le revers est important », explique celui qui est aussi producteur de lait à Comté, et qui à ce titre sait que les consommateurs sont d’autant plus exigeants qu’ils s’attendent à trouver un produit de qualité et irréprochable.
Sur ces sujets de société, le secrétaire général adjoint de la FNSEA ne fait donc pas son « Gaulois réfractaire », et met même en avant le « contrat de solutions » que la FNSEA a présenté aux parlementaires et aux ministres cet été. « Ceci dit, il ne faut pas que nos élus se contentent de nous dire “le glyphosate est interdit demain”. Nous sommes prêts à y aller. Mais les pouvoirs publics doivent s’assurer que les paysans ne soient pas les laissés-pour-compte de ces décisions. »

Ne pas faire cavalier seul
De son expérience d’élu agricole et de syndicaliste, Daniel Prieur tire une philosophie : « Une chambre d’agriculture qui fait cavalier seul sans travailler avec les autres forces vives est perdante. » Il constate ainsi que de nombreux dossiers nécessitent l’accord des diverses compétences : « Sur l’installation par exemple, si on veut assurer un renouvellement des générations, on doit passer par une politique des structures intelligente. Sur le prix des denrées agricoles, on doit pouvoir à la fois donner des pistes pour chiffrer des coûts de production, travailler avec les syndicats, et maintenant avec les Organisations de Producteurs. »
Un perpétuel équilibre à trouver, entre les territoires, entre les systèmes d’exploitations, et entre les différents marchés : « Nous vivons dans un monde où les gens font face à la fois à la mondialisation et à la fois au local. »
Et répondant à une question d’un agriculteur, « est-ce que l’agriculture conventionnelle a encore un avenir ? », il reprend l’exemple de la Vallée du Doubs : « Plusieurs systèmes peuvent cohabiter. Avec 800 kL de lait, on voit certains de nos collègues s’équilibrer en poussant un peu les volumes pour atteindre une taille critique en standard, ou au contraire travailler leur autonomie s’ils le peuvent, et carrément passer en bio. »

LD

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