Pas de précipitation !

colza

Colzas d’hiver / Avec des conditions climatiques difficiles liées à une période de sécheresse suivie d’une séquence de pluie insuffisante, certains colzas semés n’ont pas pu lever. Malgré un contexte de prix favorable aux céréales d’hiver, Terre Inovia préconise d’attendre plutôt le printemps pour implanter une oléo-protéagineuse si nécessaire.

Plus personne n’ignore les conditions de sécheresse exceptionnelle qui touchent la région, de manière plus ou moins marquée, compte-tenu du caractère très localisé des précipitations orageuses… Ainsi le poste météo-France de Frotey-les-Vesoul n’a enregistré que 89 mm d’eau depuis le 1er juin ! Cette sécheresse affecte bien entendu les semis d’automne. « Les colzas poussent doucement, note Emeric Courbet, technicien en charge des grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône. Il ne pleut toujours pas donc il est difficile d’être fixé sur l’avenir des parcelles. Des grains germent toujours, des pieds lèvent encore après les pluies du week-end dernier. Et il est difficile de se rendre compte du peuplement final étant donné que les colzas sont minuscules dans les zones séchantes. » Du côté des coopératives, l’heure est aussi à l’expectative : selon les secteurs, les ARC évoquent – sous couvert d’anonymat – de 60 à 70% de re-semis en céréales d’hiver à seulement 10% de semis “ratés”. Le mot d’ordre reste d’éviter toute précipitation dans la prise de décision. Tout le monde connaît la forte capacité de rattrapage des colzas, et la résilience de cette culture face aux aléas climatiques.

Un investissement difficile à rentabiliser
Pour les parcelles non levées, ou très hétérogènes pour lesquelles se pose la question d’un remplacement, il ne faut pas se précipiter et attendre novembre ou la sortie de l’hiver pour décider. L’expérience montre qu’il est difficile de rentabiliser par une nouvelle culture l’investissement déjà réalisé sur le colza en cas de retournement. Terres Inovia appelle à la vigilance des agriculteurs pour attendre et ne pas dès à présent remplacer le colza par une céréale d’hiver, dans un contexte de prix favorable aux céréales. Une telle décision risque d’avoir un impact dans la gestion à court et à moyen terme des graminées. Avec des conditions sèches après la récolte, la campagne 2018 a été marquée par une pression graminées importante sans permettre la réalisation de faux semis pour les faire lever. Le stock semencier en graminées est donc potentiellement intact et très important. Si les conditions à venir ne permettent pas de maintenir le colza semé, il est possible d’envisager de le remplacer par une autre espèce d’oléo-protéagineux de printemps, comme par exemple le tournesol, le pois ou la lentille. Cette solution présente plusieurs avantages. Elle permet d’attendre la sortie de l’hiver pour prendre la décision de retourner ou non la parcelle de colza et, le cas échéant, de mobiliser plusieurs leviers agronomiques pour gérer l’enherbement. Par ailleurs, ces cultures bénéficient de différents débouchés pour être valorisées. Enfin, le pois d’hiver, qui s’implante en novembre, constitue également une alternative.

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