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Cultures perennes / A l’invitation de la FDSEA de Haute-Saône, Joël Limouzin, membre du Bureau de la FNSEA a effectué une visite de terrain en Haute-Saône vendredi 19 mai.

Ce qu’il en est à Rioz
En fin de matinée, Joël Limouzin accueilli par Thierry Chalmin à Rioz a constaté les dégâts aux « Vergers de Rioz » chez Didier Costille. Bottes aux pieds et parapluie à la main, la délégation composée également d’un arboriculteur jurassien, du maire de Rioz Nadine Wantz et du président de la FRSEA Frédéric Perrot se sont rendus dans les vergers. « En une nuit, j’ai perdu 250 000 € – il y a 100 % de pertes » s’exprime amèrement le gérant de cette entreprise. « La récolte est complètement et totalement foutue » ajoute-t-il. Dans cette lignée arboricole où l’on trouve des poires, le constat est sans appel. Pas un fruit sur les arbres. Le responsable : les 4 nuits consécutives de gel du 18 au 21 avril. Même constat dans les parcelles d’à côté avec cette fois-ci des pommiers. Même si des solutions existent comme les bougies pour protéger les cultures, ce ne sont pas des solutions économiquement viables dans la durée. En effet, son coût est à l’hectare de 3 200 € pour une utilisation de 8 heures Et plus la température baisse, plus il est nécessaire d’installer des bougies. Didier Costille ne compte récolter qu’une seule tonne de fruits par hectare alors qu’en période normale ce chiffre devrait plutôt avoisiner les 20 tonnes hectares.

Ce qu’il en est à Fougerolles
En début d’après-midi, à Fougerolles, même constat catastrophique dans une parcelle exploitée par le Gaec du Haut des Champs à proximité de l’écomusée du pays de la cerise. Comme le matin dans une atmosphère plutôt humide, la délégation composée cette fois-ci du président de la Chambre d’Agriculture, de la FDSEA, de la FDPL et des JA, du maire de Fougerolles, du Sénateur Michel Raison et de l’ensemble des producteurs de cerises de Fougerolles arpentent un champ touché par le gel. « 90 % des cerisiers sont fichus » de la bouche de Jacques Daval, président du syndicat des producteurs de cerises et de kirsch. Mais plusieurs producteurs affirment qu’en réalité c’est 100 % car « on ne va pas mettre du matériel en route pour juste 10 %, économiquement c’est impossible » précisent-ils. Jacques Daval ajoute « qu’une très bonne année de production c’est 500 tonnes de cerises, qu’une année normale c’est 150 tonnes mais cette année on devrait atteindre péniblement les 10 tonnes… du jamais vu ». Pourtant, la récolte devait être exceptionnelle car la floraison était exceptionnelle. Mais là encore, le gel a frappé et a décimé toute une récolte : 18 avril -1 °C ; 19 avril -2 °C ; 20 avril -3,5 °C et 21 avril -2,5 °C. Une période gel de jour a réduit en miette toute la production et mis le moral en berne de toute une filière. Selon Vincent Rapenne, éleveur laitier à Fougerolles et trésorier d’une coopérative, la perte estimée est d’environ 1,8 million d’euros de chiffre d’affaires (taxes intégrées). Les conséquences sur l’emploi saisonnier sont également importantes.

Quelles solutions ?
Joël Limouzin explique la procédure en calamité agricole. Procédure complexe qui se déroule en plusieurs étapes et qui dure dans le temps. « Il faut d’abord une perte de 28 % de production puis une baisse d’au moins 13 % du produit brut d’exploitation ». Joël Limouzin précise qu’il y a urgence à réunir le comité d’expertise pour constater la situation le plus vite possible sous l’autorité de la préfecture.Une réunion est d’ores et déjà programmé le 7 juin en préfecture. Elle permet d’enclencher le processus car la demande de la Haute-Saône sera examinée lors du comité national de gestion des risques en agriculture. « Le dossier d’expertise de la Haute-Saône pourra être examiné lors d’un comité national durant l’été » s’engage Joël Limouzin. En fonction du taux de pertes, il y aura une enveloppe financière pour le département. Ensuite, chaque agriculteur devra déposer un dossier individuel afin d’émarger à l’enveloppe.
« Je tiens à préciser que seulement 30 % de la perte est indemnisée et c’est 30 % maximum. A partir du moment où comme aujourd’hui on constate 100 % de perte… automatiquement ce seront 30 % d’indemnisés soit le taux maximum » précise Joël Limouzin.
Le fonds des calamités agricoles est financé par chaque agriculteur-cotisant qui paie 11 % de sa prime d’assurance.
Au niveau national, l’enveloppe se chiffre entre 100 et 120 millions. L’état met l’équivalent. « En 2003, ce sont plus de 600 millions d’euros qui avaient été mis sur la table par l’Etat » argumente le membre du Bureau de la FNSEA. Mais aujourd’hui les 11 % sont passés à 5,5 % car certaines productions sont sorties du champ des calamités agricoles. La FNSEA avait contesté cette diminution. Le sujet des conditions climatiques et de la calamité agricole a été le premier sujet que Christiane Lambert a abordé avec le nouveau ministre de l’Agriculture le 22 mai. D’autres pistes doivent également être privilégiées comme une aide de la MSA, une demande à la direction générale des finances publiques d’exonération de la taxe foncière sur le non-bâti ou encore une aide du Conseil régional.
Affaire à suivre…

AL

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