La filière lait monte d’un degré

PROGRAMME CLIMALAIT / L’interprofession laitière des 25 départements du Nord-Est déploie le programme Climalait. Afin d’accompagner les éleveurs dans leur adaptation au réchauffement climatique. Les acteurs de la filière sont invités à solliciter des groupes de producteurs, en vue de leur formation.

La filière laitière s’est engagée dans la démarche de responsabilité sociétale « France Terre de lait ». Une des thématiques explorée concerne le changement climatique, avec deux angles d’approche : l’atténuation et l’adaptation.

« Rami fourrager »
Concernant l’ambition collective de réduire l’empreinte carbone de 20 % d’ici 2025, d’améliorer la durabilité de l’élevage et de valoriser ses contributions positives, plus de 11 000 producteurs de lait sont déjà engagés sur le territoire national. 900 conseillers ont été formés pour les accompagner, sur la base de l’outil de référence : Cap’2er.
Le second volet de l’action de la filière est matérialisé par le programme de recherche multi-partenarial « Climalait » conduit entre 2015 et 2019. Le Cil BFC Est (lire encadré) l’a présenté à ses membres et partenaires, au cours de deux visioconférences identiques les 7 et 9 avril. Caroline Guillaume, animatrice du collège producteurs, en a décrit les étapes clés. A partir des scénarios d’évolution climatique, analysés à l’échelle « pertinente » des zones laitières, l’impact sur les cultures et la pousse de l’herbe a été évalué. Avant d’en mesurer les conséquences pour les systèmes de production et de proposer des adaptations possibles.
Pour approcher les questions de manière ludique sur le terrain, un « Rami fourrager » est proposé aux éleveurs. Ce jeu de plateforme simulant un élevage ruminant permet d’évaluer les besoins fourragers pour une exploitation type confrontée à la hausse des températures. Il favorise les échanges entre éleveurs et avec des conseillers, à l’intérieur d’un groupe. « Il s’agit de recueillir la parole d’éleveurs et de repérer les voies d’adaptation préférées, les atouts et contraintes reliées aux voies d’adaptation et d’identifier les leviers techniques à creuser » analyse Jean Charef, chargé de mission au Cniel.

Cinq zones sur le bassin
Vingt fiches de synthèses ont été rédigées, une par zone étudiée, et des publications d’articles ont suivi dans la presse. Sur le grand bassin laitier (lire encadré) cinq zones ont été ciblées : le Plateau Lorrain, le Sundgau, le Chaourçois, le Plateau de Langres et les Seconds plateaux du Jura.
Le Cil BFC Est entre dans la phase de déploiement de Climalait dans chacun de ses territoires de proximité, afin de proposer des solutions concrètes adaptées, pour que chaque éleveur puisse se les approprier. Cela suppose l’identification de leviers d’adaptation spécifiques aux petites régions, au sein de groupes d’éleveurs. Des kits de formation-information clé en mains seront mis à la disposition des acteurs de la filière. Deux journées sont prévues, espacées de 15 jours par groupe d’une dizaine de participants. La première contient la présentation des conclusions du programme de recherche ; la deuxième invite les éleveurs au travail pratique sur la base du « Rami Fourrager » adapté à leur secteur. Ces formations sont finançables par le fonds Vivea.
Des essais en ferme sont préconisés pour valider techniquement certaines de ces solutions envisagées. Restera ensuite à vulgariser « ces acquis », à l’occasion de fermes ouvertes, de réunions d’information ou d’articles publiés dans la presse agricole.
Caroline Guillaume en appelle à la « cohésion des acteurs pour un travail en réseau dans un but commun ». Le Cil Bfc Est vise la réalisation de deux formations minimum sur chaque département, au cours de la campagne 2021-2022. Des réunions d’échange entre animateurs suivront, afin d’en tirer le bilan, avant suites potentielles à donner.

Jean-Luc Masson

Pour tous renseignements, contacter par mail : cguillaume@fdpl52.fr.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.