Faire sans le salon

La crise sanitaire ayant entraîné l’annulation du Salon international de l’Agriculture, il a fallu aux organisations professionnelles comme aux collectivités, trouver des solutions alternatives. Ainsi, en Bourgogne Franche-Comté, la « plus grande ferme de France » a pu montrer son savoir-faire.

Emmanuel Macron serait-il venu dans une ferme de Côte-d’Or, comme il l’a fait le 23 février, si le Salon international de l’Agriculture (Sia) s’était tenu normalement ? Sans doute pas. Le Président de la République, comme la plupart des autres responsables politiques du pays, aurait utilisé la formidable caisse de résonance constituée par la « plus grande ferme de France » installée porte de Versailles, pour faire passer son message à destination du monde agricole. Mais voilà : la crise sanitaire dure et se prolonge, interdisant ces manifestations qui brassent plusieurs dizaines de milliers de personnes. Du même coup, la France agricole s’est retrouvée orpheline. Il n’aura pas fallu attendre longtemps, toutefois, pour voir fleurir, ici et là, des initiatives permettant de contourner cette annulation et de donner de l’écho et de la visibilité au savoir-faire agricole. Au plan national, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a mis en place, du 27 février au 7 mars, différents événement destinés à valoriser le monde agricole. Le ministre Julien Denormandie s’est rendu dans plusieurs exploitations. Son ministère invitait les citoyens à découvrir la plateforme gouvernementale fraisetlocal.fr permettant d’identifier les producteurs locaux. Des portraits d’agriculteurs ont été exposés sur les grilles de l’Assemblée nationale. On peut aussi citer la diffusion, couronnée de succès, sur France 2, le 23 février, du documentaire « Nous paysans » ou l’organisation, du 13 au 24 mai de la Semaine de l’agriculture française (voir encadré) ou bien encore les finales des concours produits et vins du Concours général agricole qui se tiendront entre le 13 et le 24 mai à Angoulême, Châlons-en Champagne, Montpellier et Tours. 

Le numérique à la rescousse
Et chez nous, en Bourgogne Franche-Comté ? Traditionnellement, le Conseil régional est très présent sur le salon, aux côtés des différents départements. Cette année, forcément, le contexte empêche l’organisation d’évènement de grande ampleur. Néanmoins, le 11 mars, Marie-Guite Dufay, la présidente de Région, a participé à la visite de la Ferme de Barband à Pelousey, près de Besançon, dans le Doubs. Le 26 février, la conseillère régionale, Claudy Chauvelot-Duban était sur France 3 pour y parler reconversion bio et restauration collective. A la Région, on évoque aussi la préparation, autour de Pâques, d’un événement en lien avec le lancement de la marque régionale « Juste et Local » (voir encadré) en lien avec des producteurs, la profession et la Chambre régionale d’agriculture. Un ensemble d’actes, modestes certes, mais qui marquent la volonté de la collectivité de maintenir ce lien avec le monde agricole. Ce dernier, pour sa part, n’a pas hésité à mettre en place des manifestations permettant de compenser l’absence de ces moments forts pour les éleveurs que constituent les concours sur le ring de la Porte de Versailles. Le numérique a souvent été appelé à la rescousse. C’est le cas, notamment pour le Herd book charolais et l’OS Charolais France qui ont organisé l’opération « #ParisALaFerme », du 27 février au 5 mars. Celle-ci ciblait autant le grand public que les éleveurs, par le biais de vidéos, de photos, de témoignages d’éleveurs charolais, avec des présentations d’exploitations, des jeux concours et même des retours sur les moments forts du Sia. Toujours dans le charollais, mais avec deux « l », pour les ovins de cette race, un trophée numérique sur internet a été mis sur pieds par l’OS mouton Charollais. (Son palmarès, révélé le 4 mars, est le suivant : 1er prix pour Marie-Claude Garnier (71), 2eme prix : Legta de Fontaine (71), 3eme prix ex-aequo : Gaec de Champagny (71)-Guy Porterat (71)-EARL Joubert (21), 4eme prix : Gaec Marion (58). Le concours d’animaux se faisait sur photo. Onze lots de moutons provenant d’autant d’élevage sélectionneurs se sont affrontés sur Facebook. Ils ont été évalués par un jury français et international de 50 juges. Ce concours en ligne était aussi un moyen d’attirer les éleveurs qui ne participent pas à Paris. L’OS mouton Charollais espère également figurer dans une vidéo collective mettant à l’honneur les richesses agricoles des territoires, réalisée à l’occasion de la Semaine de l’agriculture numérique en mai. L’outil numérique, de la même manière qu’il modifie l’approche des ventes d’animaux, a permis à plusieurs races de mettre en valeur le travail de sélection mené tout au long de l’année par les éleveurs qui, habituellement, trouvent dans le Sia la plus belle des vitrines. C’est finalement un moindre mal mais rien ne saurait totalement remplacer le salon et chacun regarde déjà vers février 2022 pour, on l’espère, tourner définitivement la page de ce sombre épisode.

Berty Robert

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