Combiner agronomie et innovations en produits de santé des plantes

Maladies sur blé / Au cours de ses webinaires d’automne, Arvalis-Institut du Végétal a fait le point sur les maladies du blé d’hiver. Retour sur les derniers travaux de l’institut.

Les résultats du Réseau Performance 2020 ont mis en évidence une progression des souches de septoriose les plus résistances (CarR, TriHR, MDR), alors même que la pression parasitaire a été faible. 
Les recommandations restent toujours d’essayer de limiter la présence de la maladie en utilisant d’abord les leviers agronomiques. Les essais menés en 2020 sur la combinaison des leviers agronomiques ont permis de confirmer l’intérêt des variétés les plus tolérantes et l’utilisation des outils d’aide à la décision. En revanche, compte tenu du contexte climatique particulier de l’automne 2019 (très pluvieux) et du printemps 2020 (très sec), le décalage de la date de semis a pu pénaliser le rendement sans permettre d’économiser sur la protection fongicide.  
Une protection sur une base de 100% biocontrôle (soufre + phosphonate en plusieurs passages) a été testée en 2020 et présente une efficacité relativement modeste mais bien réelle, encore inférieure aux solutions conventionnelles. Les solutions de biocontrôle continuent d’être testées en association à d’autres leviers (choix de variétés peu sensibles, utilisation des OAD, en complément de solutions conventionnelles …).

L’impasse du T1 devient la règle pour les variétés peu sensibles
L’année 2020 confirme que le premier passage (T1) a un poids qui reste relativement faible, et est donc difficilement rentabilisé. L’impasse au T1 devient donc désormais la règle dès lors que l’agriculteur utilise une variété peu sensible à la septoriose (note ≥ 6.5) et hors risque rouille jaune. Actuellement un grand nombre de variétés cultivées présentent ce profil (CHEVIGNON, KWS EXTASE …) : soit environ 40% des surfaces cultivées (peu sensibles à la septoriose et à la rouille jaune). Notons également que 63% de variétés cultivées sont peu sensibles à la rouille jaune (note ≥7).
Néanmoins, une intervention dès le stade 2-3 Nœuds peut s’avérer nécessaire (T1) en cas d’attaque précoce de septoriose (variétés sensibles, année à risque ; déclenchement des OAD précoce…). Les solutions efficaces testées au T1 sont à base de triazole associé à un multisite (soufre, folpel). Le biocontrôle trouve sa place sur ce créneau. En cas d’attaque précoce de rouille jaune sur variétés sensibles, les triazoles, éventuellement complétés par une strobiliurine sont efficaces. (Notons que les produits de contact ou de biocontrôle ne sont pas efficaces sur rouille jaune).

Traitement pivot au stade « Dernière Feuille Etalée » (T2)
Concernant le traitement pivot ciblant la septoriose autour du stade « Dernière Feuille Etalée » (T2), les équivalences techniques se confirment en 2020 parmi les références SDHI+triazoles (REVYSTAR XL, KARDIX, ELATUS ERAv…) et l’arrivée d’un nouveau mode d’action (QiI au travers du QUESTAR) associé à un SDHI ou à un triazole permettra de nouvelles associations efficaces sur septoriose.
Contre la rouille brune, les résultats 2020 confirment l’efficacité de plusieurs solutions. Parmi elles, le benzovindiflupyr (SDHI de la gamme ELATUS) confirme sa très bonne efficacité sur rouille brune sans avoir besoin d’être complété par une strobilurine. Pour les autres spécialités de la gamme SDHI, il est intéressant de renforcer leur efficacité avec une strobiliurine. Parmi les nouveautés de la campagne 2019-2020, le REVYSTAR XL montre une très bonne efficacité sur rouille brune. Dans les nouveautés 2021, le QUESTAR très efficace dans les associations sur septoriose devra par contre être associé à un partenaire efficace sur rouille brune.

Lutte contre la fusariose (T3), selon les condition de l’année
Il faut évidemment rappeler que le risque fusariose dépend d’abord très largement des conditions climatiques de l’année (climat pluvieux autour de la floraison principalement), puis des critères agronomiques de risque à l’échelle de la parcelle (précédent, travail du sol, sensibilité variétale…). Le traitement positionné début floraison ne constitue qu’un moyen de lutte complémentaire des leviers agronomiques (gestion des résidus, labour, choix d’une variété tolérante…) et présente une efficacité aléatoire et partielle.
Concernant les produits testés sur fusariose en 2020, la référence PROSARO (prothioconazole+tébuconazole) présente une efficacité modérée. Les autres associations de triazoles (prothio+metco) sont de niveau proche de la référence PROSARO. Le produit de biocontrôle ECHIQUIER ne présente pas d’apport supplémentaire par rapport aux références.

Des projets en cours sur blé
Parmi les projets attendus pour ces prochaines années, le pydiflumetofen (codé sous le nom de marque ADEPYDIN), nouveau SDHI testé en association, présente de très bons résultats sur septoriose, rouille brune ainsi que sur fusariose des épis. Enfin le métyltetraprole (codé sous le nom de marque PAVECTO 60), nouveau QoI, mais d’une structure chimique différente des strobilurines classiques, présente de bonnes performances sur septoriose, mais devra être complété sur rouille brune. n

Arvalis-Institut du Végétal

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