Ruralité menacée

Session Chambre d’agriculture de Haute-Saône / Sécheresses à répétition, controverses au sujet de l’abattage du loup, projet de référendum d’initiative populaire signant la fin de l’élevage hors-sol… les sujets d’inquiétudes abordés lors de la dernière session de la CA70 n’ont toutefois pas terni la belle réussite du salon Tech&Bio.

Réunis en session le 25 septembre dernier à Vesoul pour examiner et voter le budget rectificatif, les membres de la Chambre départementale d’agriculture de Haute-Saône ont abordé de nombreux sujets d’inquiétudes qui planent sur l’agriculture, et plus largement sur la ruralité. Notamment à travers le vote d’une motion présentée par Justine Grangeot au nom des JA et de la FDSEA, pour prendre officiellement position contre l’appel à référendum d’initiative populaire baptisé « pour les animaux ». Ce projet, lancé par le présentateur télé Hugo Clément, doit recueillir la signature d’un cinquième des parlementaires (soit 185) et de 10% du corps électoral pour être soumis à référendum. En six propositions de Loi, il balaie un large spectre, de l’animal sauvage à l’animal d’élevage et propose la suppression de la chasse à courre, l’élevage d’animaux sauvages pour leur fourrure, l’expérimentation animale, la présentation d’animaux de cirques… et certaines pratiques d’élevage (cage, boxes et stalles). « C’est la fin de la possibilité d’engraisser des taurillons, et ça remet même en cause le logement des chevaux de selle, qui sont loin d’avoir tous un accès permanent à l’extérieur », a détaillé la présidente des JA. Or en arrière-plan ce RIP qui ratisse large dans les bons sentiments est soutenu par Xavier Niel, patron de Free et Marc Simoncini, ex-patron de Meetic… le premier vient justement d’investir dans une start-up baptisée « les nouveaux fermiers » qui produit depuis quelques semaines des substituts de viande d’origine végétale !

Sécheresses récurrentes
Dans son rapport moral le président Thierry Chalmin n’a pas manqué d’évoquer non plus la sécheresse et ses conséquences. « Elle a débuté très précocement, dès le printemps avec 47 jours sans pluies, avec des conséquences sur les récoltes – et plus près, la canicule la sécheresse estivale, enfin la troisième vague en septembre. » Or les réponses à cette situation difficile et récurrente semblent bien insuffisantes : dossier calamités agricoles soumis à l’appréciation discrétionnaire du ministère, dégrèvements de la TFNA et de la TFNB, allégement des cotisations MSA. « Ce sera très partiel mais nous n’avons pas d’autres leviers », a déploré le président, avant d’évoquer un accompagnement départemental, en cours de finalisation, sous forme de prise en charge partielle des analyses auriculaires. Outre les sempiternels dégâts de sangliers « en matière de faune sauvage, nous avons eu un invité supplémentaire », a ironisé Thierry Chalmin, pour aborder l’imbroglio administratif des mesures de protection vis-à-vis du loup de Fougerolles. « Heureusement nous avons d’autres nouvelles plus réjouissantes, dont la bonne tenue du salon Tech&Bio, sous la menace du risque sanitaire, qui a permis de donner une belle image de l’ensemble de l’agriculture départementale, sur un site remarquable. » n

AC

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