En hiver, pensez aux prairies !

Fourrages / Si l’hiver occupe principalement les éleveurs dans les bâtiments où logent les animaux, c’est aussi une saison propice à l’observation des prairies…

Parcourir les prairies en hiver est l’occasion d’observer certains points importants. En période pluvieuse, il est intéressant de regarder le comportement de la prairie par rapport à la présence d’eau et de se poser les bonnes questions. Y en a-t-il ? Est-elle stagnante ou au contraire ruisselle-t-elle en surface ? Ces situations dépendent bien sûr du relief, de la texture du sol et de la nature du sous-sol. Une période propice pour constater la fonction importante de la prairie qui est de faciliter la pénétration de l’eau dans le sol, comparée aux parcelles cultivées. En effet, si le sol devient saturé, l’eau s’écoule en surface. Celle-ci est alors propre et non boueuse.

Méthodes douces d’assainissement
L’une des voies d’amélioration de la prairie est l’assainissement. Un sol assaini favorise l’activité biologique : vers de terre, champignons, bactéries. Le curage des fossés et le drainage sont efficaces mais soumis à une réglementation et restent coûteux. Il existe cependant des méthodes douces d’assainissement comme la création de petites rigoles avec une rigoleuse qui est une vis sans fin actionnée par le tracteur. Cette technique est peu coûteuse et a un impact positif sur la flore, avec notamment la réapparition du trèfle blanc. Une rigole reste en place pour 3 à 5 ans. Si la prairie est actuellement submergée par quelques centimètres d’eau, c’est le moment de repérer les endroits dans lesquels il sera plus pertinent et efficace de réaliser ces rigoles.
Lorsque la prairie est bordée de fossés ou de rivière, on y trouve souvent, tout au long de ceux-ci, des anciens bourrelets de curage. Le niveau du sol y est plus haut de 10 à 30 cm sur quelques mètres de largeur. La flore y est généralement meilleure qu’au milieu de la parcelle car mieux assainie. Mais cet amas de terre empêche l’eau de ruissellement d’aller rejoindre les fossés. Il faut alors créer de petites rigoles pour permettre à l’eau d’aller vers sa destination naturelle.

Contrôler surpâturage et sous pâturage
En arpentant les prairies, il faut également observer s’il y a eu du surpâturage ou du sous pâturage. Les deux situations sont préjudiciables. Le surpâturage affaiblit la graminée, voire provoque sa nanification et favorise la future apparition d’adventices. Le sous pâturage et le jaunissement des feuilles créent un paillage qui va nuire au redémarrage de l’herbe au printemps. Cette situation induira, au moment du réveil de la
végétation, la nécessité de broyer tôt pour ôter les feuilles jaunes et permettre l’apparition de jeunes feuilles actives.
Il faut profiter de cette visite pour observer le « microrelief ». En effet, l’idéal est d’avoir une surface la plus plane possible pour une végétation gazonnante et non pas cespiteuse (en touffes). Les récoltes mécanisées n’en seront alors que facilitées. Si l’on constate des bosses, des mottes et des trous, il faut aplanir avec un rouleau ou une herse de prairie, et ceci au moment jugé opportun : lorsque le sol n’est ni trop humide ni trop sec.

Et les amendements !
Le repos végétatif est aussi le moment idéal pour effectuer le chaulage. Si le pH optimum est 7, l’objectif est de se situer au-dessus de 6,2 ; seuil au-dessus duquel le trèfle blanc se développe bien. Il convient de rappeler le rôle essentiel du trèfle blanc comme moteur de la prairie. Remonter le pH doit se faire progressivement. Un demi-point maximum par an soit 1 tonne de CaO. Si le repos végétatif est idéal pour chauler, il faut éviter de rouler avec un tracteur sur de l’herbe gelée, ce qui provoque une mortalité importante de plantes.

Source : GNIS

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