Une pétition pour « un vrai débat »

Sodiaal / Dans la lignée des États Généraux de l’Alimentation, la FNPL a lancé un plan national de mobilisation des éleveurs livrant la coopérative Sodiaal. Le syndicat majoritaire espère faire bouger les lignes notamment sur la fixation des prix, Sodiaal étant souvent accusée de « tirer les prix nationaux vers le bas ».

Le syndicalisme et la coopération ont souvent eu des rapports complexes. En effet, tous deux peuvent se prévaloir d’un fonctionnement géré par leur base, adhérents d’un côté, coopérateurs de l’autre, réunis au sein des conseils d’administration, avec le principe d’un homme pour une voix. Pour autant, les objectifs des uns et des autres ne coïncident pas toujours.

Sodiaal et Lactalis « se calent » l’un sur l’autre
Ainsi en va-t-il pour le prix du lait. Pour la FNPL, l’objectif est celui d’un prix rémunérateur. Or le comparatif des prix du lait, tant à l’échelle départementale qu’à l’échelle nationale, place régulièrement les coopératives en bas de l’échelle. Et la première de toutes, Sodiaal, se retrouve souvent… la dernière du classement. Une situation paradoxale, qui permet aux entreprises privées d’ironiser sur la gouvernance des coopératives et de se gargariser de mieux payer le lait. C’est ce que fait souvent Lactalis, qui selon ses détracteurs « se cale » sur les prix de son concurrent principal, et a beau jeu de constater que, bon an mal an, elle ne paye pas « moins bien » que Sodiaal. De quoi aussi agacer les producteurs livrant les entreprises privées, réunis au sein des OP, et à qui est souvent opposé le contre-exemple coopératif.
À y regarder de près, on ne sait pas qui se cale sur l’autre. Sans doute plutôt Sodiaal, qui baisse son prix de décembre alors que Lactalis conserve son prix trimestriel. Ce qui est certain, c’est que la probabilité que Lactalis et Sodiaal finissent l’année tous les ans au coude à coude est à peu près nulle. Et pourtant, d’après le comparateur de prix de la FNPL, l’année 2018 s’est terminée à 325,20 €/1000 L pour Lactalis en base, contre 325,80 €/1000L pour Sodiaal. En 2017, c’était 317,7 contre 318,1. Les mix produits des deux entreprises sont pourtant très différents

La FNPL propose… de remplir son devoir de coopérateur !
Dans l’environnement ultra-concurrentiel du marché laitier, les principaux acheteurs de lait « s’arrangent » donc pour que leurs prix soient identiques. Partant de ce constat, la FNPL a décidé de taper du poing sur la table à l’AG de Sodiaal, en utilisant les moyens à sa portée : la mobilisation des adhérents. Dans un premier temps, elle a incité les producteurs à remplir simplement leur devoir de coopérant en « participant aux assemblées de secteur » : l’endroit par excellence où les producteurs ont la parole. « L’objectif de la FNPL explique le syndicat, est de sortir par le haut de ce sentiment de défiance dans le modèle coopératif en faisant toute la lumière sur la rémunération réelle des associés-coopérateurs et la répartition du résultat des coopératives. »
Car en théorie, les coopérateurs sont seuls maîtres à bord. Les statuts de la coop prévoient d’ailleurs que si une fraction importante (10 %) des sociétaires le souhaite, de nouveaux sujets peuvent être ajoutés à l’ordre du jour de l’AG de la coopérative. C’est en se servant de cette clause que la FNPL souhaite dans un second temps faire pression sur
Sodiaal. Le syndicat tente ainsi de réunir les 1 700 signatures lui permettant de proposer de nouveaux débats le 19 juin prochain, date de l’AG.

Pour un « vrai débat coopératif »
Si le recueil des signatures aboutit (les statuts précisent que les demandent doivent parvenir à Sodiaal 3 semaines avant l’AG, soit le 7 mai), l’ordre du jour de l’AG du 19 juin à Colombey les Deux Eglises sera modifié avec les propositions de la FNPL (voir ci-contre). La mesure principale sera l’obligation pour les dirigeants de la coopérative de consulter les associés pour élaborer la formule de prix, et de justifier tout écart à cette formule.
Aujourd’hui, le prix A de Sodiaal est basé sur un mix prenant en compte le prix PGC France, le prix allemand, et la valorisation beurre/poudre. Une correction liée à l’environnement est ajoutée (comparaison au prix FranceAgrimer). Mais le prix final décidé n’est pas toujours conforme à ce calcul théorique.

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