La voie sèche à l’honneur

Metha

Méthanisation / Une seconde installation de méthanisation par voie sèche sera inaugurée la semaine prochaine dans le département. Une journée portes ouvertes se tiendra le 11 octobre à Dampierre sur Salon à l’EURL Joly.

La technique de méthanisation la plus répandue en France est celle de la voie liquide continue, ou voie humide « infiniment mélangée ». Dans les grandes lignes, c’est une technologie fiable, dont une bonne partie a été développée en Allemagne depuis plusieurs années maintenant. Elle suppose une matière première liquide (maximum 20 % de matière sèche), et produit un digestat également liquide et épandable.
Mais il existe une autre méthode pour extraire le biométhane : celle de la voie sèche. Sur les quelque 430 méthaniseurs en France, cela ne représente qu’environ 10 % des installations. Le principe : au lieu de nourrir en continu un digesteur par injection, il s’agit de remplir une fosse de matière première solide (fumier), et d’enclencher la fermentation jusqu’à épuisement de la production de biogaz. A ce moment, la fosse est vidée (on parle donc de voie sèche « discontinue ») et l’opération recommence.

Valoriser le fumier pailleux
Le principal intérêt pour l’éleveur à adopter cette technique, c’est d’abord « la matière première dont il dispose », explique le conseiller énergie de la chambre d’agriculture Julien Party. Chez Matthieu Joly à Dampierre-sur-Salon, une quantité importante de fumier pailleux est disponible (atelier veau de boucherie, pour environ 3 500 t disponibles par an). En complétant avec 1 500 t de fumier de vaches allaitantes et de taurillons d’une exploitation voisine, un peu de CIVE (cultures intermédiaires à vocation énergétique), des tontes de pelouse et des menues pailles, le gisement local permettait potentiellement la mise en place d’un méthaniseur. Après l’installation pionnière à Sornay (Gaec des Anchottes), la Haute-Saône compte donc aujourd’hui une seconde installation opérationnelle de méthanisation « par voie sèche discontinue ». Fonctionnelle depuis le mois de mai, l’installation de l’EURL Joly est cependant un peu différente de celle de Sornay. Les digesteurs (il y en a 4 pour assurer une continuité de production) sont des sortes de silos-couloirs semi enterrés, à la couverture souple et amovible, alors qu’à Sornay la technique employée est celle des digesteurs « garage ». L’avantage, d’après Elie Bart de la société Sud-Ouest Biogaz (le constructeur), c’est principalement que « le chargement et le déchargement se font à l’air libre, et non pas en milieu clos ».

160 kW installés
Pendant la fermentation, des asperseurs arrosent en continu le tas de fumier. Le percolat est récupéré, réchauffé par la chaleur produite, et renvoyée sur le tas. L’ensemble est automatisé. En pratique, l’agriculteur passe un jour toutes les deux semaines au méthaniseur : vidange d’une fosse, et remplissage de fumier « frais ». Ensuite, le nouveau cycle recommence, pour une durée de 2 mois à l’issue desquels la production de biogaz est pratiquement terminée. C’est une grosse journée de travail, mais moins d’astreinte au quotidien et moins d’énergie dépensée pour le fonctionnement de l’installation. Compte-tenu de son besoin en chaleur (chauffage du lait pour les veaux, réseau de chauffage domestique) et du dimensionnement de la ressource en matière première, Matthieu Joly a investi dans un cogénérateur de 160 kW de puissance électrique nominale (kWe). L’installation est actuellement bridée à 100 kWe, mais les démarches sont déjà engagées auprès d’Enedis et EDF pour faire passer le système à sa pleine potentialité.

LD

 

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