La paille en cours de livraison

Paille

Sécheresse / Depuis le 21 août, les camions de paille font des allers-retours entre la Marne et la Haute-Saône pour livrer les 1 000 t de paille contractualisées au cours de l’été entre les agriculteurs marnais et ceux de Haute-Saône. Un coup de pouce bienvenu, même s’il reste encore autant de besoins dans les élevages du département.

Mercredi 12 août, 11h. Après plus de 5h de route, et une pause par son entrepôt de Jussey, le chauffeur de la SARL Chatelet livrait 26 t de paille chez Étienne Chevalley, à Corravillers. L’éleveur qui achète habituellement une centaine de tonnes de paille annuellement subit comme ses collègues du département un manque important de fourrage. En effet, si certaines parcelles de plaine permettent en ce moment aux éleveurs de faucher et d’enrubanner quelques regains, ce n’est pas le cas chez Étienne Chevalley. Cette année, ses besoins en paille seront donc majorés par l’effet « sécheresse » : c’est ainsi qu’il a souhaité profiter de l’achat groupé réalisé par la FDSEA au cours de l’été.

Les livraisons s’accélèrent
Après un premier sondage réalisé auprès des éleveurs, le syndicat a en effet contractualisé un peu plus de 1000 t de paille avec son homologue de la Marne, à prix fixé : 70 €/t départ soit 107 € livré. « L’idée est surtout de ramener la paille à un prix décent, et de ne pas participer à cette spirale spéculative que l’on observe en période de pénurie, explique le secrétaire général de la FDSEA Eric Mauffrey. Surtout dans un secteur comme celui-là où tout le monde achète habituellement de la paille. » Un tour rapide sur les plates-formes d’échange en ligne confirme que les prix départ tournent aujourd’hui autour de 110 ou 120 € départ, parfois plus. Même la paille de colza s’échange à 70 ou 80 € départ. Les livraisons s’accélèrent en Haute-Saône, puisque le contrat stipule que les enlèvements doivent se faire d’ici le 28 septembre. Le transporteur ne chôme pas, malgré un sinistre qui lui a valu la perte d’un camion, entièrement brûlé au cours d’un transport de paille. A la FDSEA, le travail n’est pas terminé non plus. Depuis le premier sondage en juillet, beaucoup d’éleveurs qui ne s’étaient pas manifestés ont demandé à participer à l’achat groupé. Résultat : encore au moins 1 000 t à trouver pour satisfaire la demande.

Équilibrer les rations
Du côté des éleveurs, la réception de la paille ne constitue qu’une première étape dans l’adaptation à la sécheresse. Plus de paille à l’auge, c’est en effet toute une ration à repenser. « Il va falloir évidemment équilibrer la ration, avec les surcoûts inhérents, explique Eric Mauffrey : bouchons de luzerne, pulpe, corn… Les achats de paille représentent une dépense supplémentaire, mais ce n’est pas tout, il faut voir l’ensemble. » Sans compter que de nombreux éleveurs ont commencé à décapitaliser pour limiter les besoins. On retrouve plus d’animaux sur les marchés, et « chaque semaine, la viande perd quelques centimes. » Pour alléger la facture des éleveurs, d’autres pistes plus politiques restent à creuser. L’état de catastrophe naturel, déjà évoqué par les autorités, mettra un certain temps à être déclaré. D’ici là, certains réclament la gratuité pour les camions de paille sur les autoroutes. Sur le trajet de la Marne, cela représente environ 70 € pour un aller-retour. L’équivalent d’une tonne de paille.

LD

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