La concentration du maillon intermédiaire

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Économie laitière / Dans un document paru ce mois-ci, FranceAgrimer fait le point sur les évolutions dans l’industrie laitière sur les 2 dernières années. On y suit un secteur en constante mutation, avec une concentration de plus en plus importante des opérateurs industriels.

Le nombre de producteurs de lait, suivi par FranceAgrimer est en baisse constante, puisque d’après l’enquête mensuelle laitière, la filière va bientôt flirter avec la barre des 50 000 producteurs de lait en France. Le seuil sera peut-être franchit dans le courant 2019. Pour mémoire, on était au-dessus de la barre des 65 000 en septembre 2013. Cette érosion du nombre de producteurs, que l’on attribue en partie seulement à la pyramide des âges de la profession, est surtout due au prix du lait, qui ne permet pas une rémunération décente.

Les deux tiers du lait conditionné par 3 industriels
Pourtant cette diminution du nombre d’opérateurs dans l’amont n’est rien en comparaison à la situation de l’aval : quelques centrales d’achat qui fournissent une poignée de chaînes de magasins. Au milieu, les industriels suivent le cours en tentant des rapprochements : Even et l’Armoricaine laitière pour former Laïta, Eurial et Agrial, Lactalis et Graindorge, Les Maîtres Laitiers du Cotentin et Réaux, l’Union des coopératives d’affinage de Franche-Comté et Sodiaal, Schreiber et Bel, etc. Résultat : une concentration de plus en plus importante du maillon intermédiaire de la filière, et d’autant plus de difficultés du côté des producteurs, pas encore vraiment organisés pour faire face sur le plan économique. FranceAgrimer liste ainsi, selon les produits, les plus gros triumvirat de la filière (voir tableau). On remarque ainsi que la totalité de la mozzarelle est produite par Eurial, Lactalis, et CF&R (co-entreprise de Sodiaal et Savencia). Dans des domaines un peu moins confidentiels, on note que 76 % des fromages frais sort des usines de Savencia, Bel et Laïta, 70 % des fromages à pâte pressée cuite de Sodiaal, Lactalis et Laïta, 67 % du lait conditionné de chez Sodiaal, Lactalis et LSDH, 64 % des fromages à pâte molle de chez Lactalis, CF&R et Savencia…

Le devenir du lait en France
Rien de très surprenant, mais les chiffres récents de FranceAgrimer permettent de réaliser l’ampleur de la concentration des moyens industriels dans l’industrie laitière. Par ailleurs, les données à jour permettent aussi, en les combinant avec d’autres chiffres précédemment communiqués par le ministère de se faire une idée du devenir des 24 milliards de litres collectés, bon an mal an, chez les producteurs de lait français (voir figure ci-contre). On notera la part importante de l’export dans les poudres de lait et de lactosérum, qui en valeur totale reste en dessous de la quantité exportée dans les fromages. A noter que la France importe aussi une partie importante de ses besoins en produits laitiers : le bilan est de 50 000 t de MSU – matière sèche utile – importées pour
90 000 t de MSU exportées. La France est ainsi importatrice nette de crème, beurre et lactosérum liquide.

LD

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