Zone vulnérable : ce qu’il faut retenir pour cet été

fumier épandu

fumier épandu

Directives Nitrates / Pour tout ou partie du territoire des 207 communes de la moitié ouest du département  classées en 2017 en zone vulnérable aux nitrates, un nouveau programme d’actions Bourgogne-Franche-Comté va  sortir très prochainement. Dès cet été, les règles à mettre en œuvre concernent notamment la gestion de l’interculture et les épandages d’effluents.

Les sols sont couverts à l’automne
La couverture des sols durant l’automne, obligatoire en zone vulnérable, est possible de plusieurs façons :
• soit par une culture d’hiver,
• soit par une culture intermédiaire piège à nitrates (CIPAN) ou une culture dérobée, avant une culture de printemps,
• soit, entre deux cultures de printemps, à la suite des maïs grain, sorgho ou tournesol, par le broyage et l’enfouissement des cannes dans les quinze jours suivant la récolte,
• soit par des repousses de colza denses et homogènes spatialement,
• soit par des repousses de céréales, denses et homogènes spatialement, dans la limite de 20% des surfaces en interculture longue à l’échelle de l’exploitation.
De plus, en interculture courte, entre un colza et un blé notamment, les repousses de colza doivent être maintenues au minimum un mois, après déchaumage possible. En cas d’attaques d’altises, cette obligation de repousses ne s’applique pas sur 12 m en bordure d’ilot.
La règle veut que les cultures intermédiaires soient implantées rapidement après récolte et au plus tard le 10 septembre (ou 13 août si elles sont valorisées en SIE PAC). Par rapport aux conditions météorologiques de cet été 2018, voir l’article de la semaine dernière sur les demandes de la profession agricole par rapport à la sécheresse. Si la récolte de la culture principale est postérieure au 10 septembre, l’interculture n’est pas obligatoire, sauf à enfouir les cannes de maïs grain, sorgho grain et tournesol. En effet, elles sont à enfouir dans les 15 j après la récolte. Si le sol est détrempé ou gelé dans les 15 j qui suivent la récolte, le délai pour enfouir est porté au 1er novembre. Si passé cette date, le sol est toujours impraticable, l’enfouissement n’est plus obligatoire.
Par ailleurs, l’implantation de légumineuses pures en cultures intermédiaires est interdite.
L’interculture n’est pas obligatoire si le taux d’argile du sol est supérieur à 40% (analyse faisant foi) ou si un faux-semis (dates à consigner) est réalisé en agriculture bio, ou pour lutter contre les adventices vivaces ou la hernie des crucifères (à justifier par le conseil écrit d’un technicien ou l’achat de semences résistantes à la hernie). En contrepartie, un reliquat d’azote de sortie d’hiver est à réaliser en priorité sur une de ces parcelles et un bilan azoté post-récolte sur les îlots concernés est à calculer. Ensuite, CIPAN et repousses de céréales doivent être maintenues en place au moins 2 mois. Les couverts pourront être détruits après le 15 octobre (nouveauté du programme d’actions 2018 Bourgogne-Franche-Comté). La destruction chimique des couverts d’automne est interdite sauf sur les parcelles en techniques culturales simplifiées ou semis direct sous couvert, ainsi que pour lutter contre les vivaces sous réserve d’une déclaration à l’administration.
La fauche ou le broyage des parties aériennes des couverts est cependant possible avant cette date, s’il n’y pas de retournement du couvert. Le couvert devient donc une culture dérobée qui sera d’autant plus nécessaire cette année que les fourrages risquent à manquer. Envisagez donc vos espèces de couverts dans l’optique d’une valorisation fourragère. Enfin, la gestion de l’interculture est à consigner dans votre cahier d’épandage : type de couverts, dates semis/destruction, mode de destruction.

Sur quelles cultures épandre cet été ?
La Directive Nitrates prévoit des périodes d’interdictions d’épandage au cours de l’année. L’épandage d’effluents sur les cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) est toutefois possible. Le tableau ci-contre stipule les périodes d’interdiction des épandages de fertilisants, qui s’appliquent à cette période d’interculture, ainsi que les conditions spécifiques d’épandage sur CIPAN.
Enfin, pensez à vider au maximum durant l’été vos fosses à lisier et fumières pour ne pas être pris de court cet hiver par les longues périodes d’interdiction d’épandage des effluents. Le colza notamment valorise très bien les effluents dès l’automne.

Des conditions particulières pour stocker du fumier au champ
Le stockage au champ en vue d’épandage ou de compostage est autorisé uniquement :
• pour les fumiers compacts non susceptibles d’écoulement (FCNE) = fumiers d’herbivores (bovins, chevaux, porcs…), avec un matériau absorbant (paille, sciure) ayant subi un stockage d’au moins 2 mois sous les animaux ou sur une fumière et ne présentant pas de risque d’écoulement,
• pour les fumiers compacts de volaille et les fientes de volailles issues d’un séchage à plus de 65% de matière sèche,
• si la durée de stockage n’excède pas 9 mois, avec un délai de 3 ans avant retour à même emplacement.
• si le tas est constitué de façon continue avec absence d’écoulement latéral de jus, d’un volume adapté à la fertilisation des îlots récepteurs. Pensez aussi à enregistrer dans le cahier des dates de dépôt et de reprise.
Le stockage est interdit :
• en zones inondables, d’infiltration préférentielle ou interdites d’épandage,
• entre le 15 novembre et le 15 janvier sauf en cas de dépôt sur prairies ou sur un lit de 10 cm d’épaisseur de matériau absorbant (paille) ou de couverture du tas,
Les conditions particulières ci-dessous doivent également être respectées, sauf pour les dépôts de courtes durées inférieurs à 10 jours :
• pour les fumiers compacts non susceptibles d’écoulement, le tas doit être mis en place sur une parcelle en prairie ou sur une parcelle portant une culture implantée depuis plus de 2 mois ou une CIPAN bien développée ou un lit d’environ 10 cm d’épaisseur de matériau absorbant comme la paille; il doit être constitué en cordon, en bennant les remorques les unes à la suite des autres et ne doit pas dépasser 2,5 m de hauteur ;
• pour les fumiers de volailles non susceptibles d’écoulement, le tas doit être conique, ne pas dépasser 3 m de hauteur et la couvert ;
• pour les fientes de volailles séchées à plus de 65% de matière sèche, le tas doit être couvert par une bâche imperméable à l’eau mais perméable aux gaz.
Au cours de l’été, la DDT70 enverra, à chaque exploitation concernée par la zone vulnérable aux nitrates, une brochure récapitulant les règles qui s’appliquent dans le cadre de la Directive Nitrates à partir de cet été. La DDT70 rappellera également le délai fixé au 1er octobre 2018 pour la mise aux normes des exploitations de la zone vulnérable. Pour toute question sur les règles de la Directive Nitrates, vous pouvez contacter les services de la DDT70 ou de la Chambre d’Agriculture.

Céline Beluche

b = les effluents peuvent être épandus durant les 15 jours précédant l’implantation de la CIPAN, sur la CIPAN et jusqu’à 20 jours avant sa destruction. Le total des apports avant et sur CIPAN est limité à 40kg d’azote efficace par hectare, sur dérobée à 70 kg.
2 : Un apport d’engrais à l’implantation de la culture dérobée est autorisé sous réserve de calcul de la dose prévisionnelle d’azote pour la culture dérobée dans le plan de fumure.
3 : L’épandage des effluents peu chargés est autorisé dans cette période dans la limite de 20 kg d’azote efficace/ha sur prairies et 50kg jusqu’au 31 août sur culture.
Les périodes d’interdiction ne s’appliquent pas à l’épandage d’engrais minéral phosphaté NP ou NPK, localisé dans la ligne de semis des cultures d’automne, dans la limite de 10 kg N/ha.

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