La Haute-Saône en alerte

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Sécheresse / La situation commence à être critique dans notre département suite au manque d’eau depuis la mi-juin. Le département a été entièrement classé en zone d’alerte par le ministère. Les premières ensileuses devraient sillonner les parcelles les plus endommagées dès la fin juillet, soit plus de 3 semaines d’avance.

La sécheresse commence à se faire sentir très nettement. Les quelques orages des 20 et 21 juillet dernier ont permis seulement ponctuellement de faire reverdir les pâtures, la plupart des stations de relevé météo n’ayant mesuré la plupart du temps qu’une dizaine de millimètres d’eau, en 2 épisodes généralement. Autant dire rien, tant les maïs comme les pâtures ont soif. Depuis le 12 juin dernier, la majorité des zones de Haute-Saône n’ont pas vraiment vu la pluie.

Le Doubs et la Haute-Saône en alerte
Depuis le 19 juillet, la Haute-Saône, le Doubs et le Territoire de Belfort sont passés officiellement en situation d’alerte. La carte publiée par le ministère du développement durable montre un Hexagone qui commence à se colorer. Les trois départements franc-comtois classés sont en revanche les seuls en France à être entièrement concernés par les mesures d’alerte. Dans notre département, les mesures concernent principalement :
• l’interdiction d’arroser les pelouses, espaces verts publics et privés, jardins, à l’exception des potagers privés,
• l’interdiction d’arroser les golfs, terrains de sport et stades entre 8h et 20h
• l’interdiction de laver les voitures hors des stations professionnelles
• l’interdiction de remplir les piscines d’une capacité totale supérieure à 2 m³, à usage privé, sauf pour les premières mises en eau des piscines construites depuis le 1er janvier 2018
• l’interdiction des vidanges et des remplissages de plan d’eau

Vigilance pour les besoins agricoles
Pour l’activité agricole, on notera l’interdiction d’arrosage par aspersion entre 10h et 18h, sauf pour les serres en période de canicule. Les besoins relatifs à l’abreuvement des animaux constituent un usage prioritaire et ne sont pas concernés par les mesures de restrictions. Les prélèvements dans les cours d’eau, réalisés aux fins des animaux d’élevage doivent se faire sur déclaration auprès de la DDT (03 63 37 93 40) et en veillant à maintenir un débit minimum biologique (interdiction de conduire à des assecs). Les fabricants d’aliment du bétail ont également commencé à prendre la mesure de la sécheresse : « Les fécondations sont plutôt correctes sur les maïs qui ont fleuri pour les premiers fin juin et début juillet, constate-t-on au service nutrition animale d’Interval. Reste à voir comment les grains vont se remplir. Au niveau des maïs qui fleurissent depuis mi-juillet, la fécondation n’est pas encore estimable et parait déjà très hétérogène. » Les parcelles les plus endommagées par le manque d’eau verront sans doute passer les ensileuses fin juillet, avec plus de 3 semaines d’avance sur une année normale, et la perte en rendement qui l’accompagne.

Demande de dérogation pour les SIE ?
De son côté, le président de la FDSEA Emmanuel Aebischer a amorcé les démarches : « Après la petite moisson que nous avons eue, nous allons faire face à un déficit en paille (manque en orge d’hiver et absence de stock de report.) » Quant au foin, certains ayant commencé à affourager au champ, la récolte correcte de juin va rapidement être entamée. Emmanuel Aebischer a également contacté la DDT pour le sujet des SIE (surfaces d’intérêt écologique) : Normalement, les cultures intermédiaires sont à implanter rapidement après récolte et au plus tard le 10 septembre (ou 13 août si elle est valorisée en SIE PAC). Mais si la sécheresse persiste, tout semis sera voué à l’échec. Il va donc falloir obtenir des garanties de l’administration pour que les agriculteurs ne soient pas pénalisés s’ils n’ont pas effectué le semis dans les temps.

LD

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