« La France doit protéger ses paysans et son agriculture »

Vandaele

Interview de Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, et de Samuel Vandaele, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs / FNSEA et JA, organisent, à partir du 10 juin, une mobilisation nationale. Sur tout le territoire, les agriculteurs vont bloquer des sites stratégiques, symboles de concurrences déloyales. L’objectif est de pointer du doigt les incohérences et de faire entendre les revendications syndicales.

Quelles sont les principales revendications de la future mobilisation ?
Jérôme Despey : La mobilisation, qui débutera le 10 juin, est globale, elle concerne toutes les filières. Nous estimons que, si le projet de loi issu des Etats Généraux de l’Alimentation, qui vient d’être adopté à l’Assemblée nationale, instaure un code de la route plus favorable à un retour de valeur pour les agriculteurs, il engendre également des coûts supplémentaires. On demande donc aux agriculteurs de garantir une alimentation saine, sûre, durable et accessible, en imposant de nouvelles charges. Nous sommes aussi résolument européens, alors les choses sont claires : sur un marché unique il faut des règles uniques. La France ne peut en permanence vouloir sur-transposer les règles européennes, c’est d’ailleurs une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Samuel Vandaele : Sans compter que nos productions sont mises à mal par les traités de libre-échange. Elles se retrouvent face à des distorsions de concurrence. Nous demandons que les produits qui entrent sur le territoire soient produits avec les mêmes standards que ceux cultivés en France. Nous avons besoin que les agriculteurs se mobilisent, l’huile de palme a été la goutte d’eau en trop après la mise en œuvre du Ceta et les discussions sur le Mercosur. De plus, le Gouvernement cautionne l’importation de matières premières pour le moins peu durables. Il est donc grand temps de se mobiliser pour pointer du doigt les incohérences du gouvernement. Les filières françaises fournissent des produits de qualité alors pourquoi aller les chercher ailleurs ? La France doit protéger ses paysans et son agriculture.

Avez-vous d’autres points à défendre ?
JD : Nous demandons également que le Corena (Comité de rénovation des normes en agriculture) soit consulté afin qu’une étude d’impact économique et social soit systématiquement réalisée avant la mise en place d’une nouvelle réglementation. Les nouvelles normes ne doivent pas être synonymes de charges supplémentaires. Une autre de nos revendications concerne le coût du travail, nous souhaitons qu’il soit allégé afin que les employeurs français soient compétitifs. Nous devons pouvoir bénéficier d’exonérations fiscales pour limiter le dumping social.
SV : Nous souhaiterions aussi que l’on nous présente une feuille de route claire et pragmatique pour le grand plan d’investissement (GPI) de 5 milliards. Une agriculture performante, performante économiquement et performante environnementalement, c’est une agriculture qui innove et qui investit. Les plans de filière proposés par les interprofessions à l’issue des EGA ont fait des propositions ambitieuses pour accompagner la segmentation des marchés, la montée en gamme, la compétitivité, bref pour construire les filières de demain qui répondront aux attentes des consommateurs et permettront aux agriculteurs de vivre correctement de leur métier. La répartition de ce GPI n’est pas très claire pour le moment. Nous voulons des engagements plus précis sur des questions concrètes comme un plan protéines, les investissements dans la filière œufs, le développement de l’agriculture de précision pour ne citer que 3 exemples.

Comment cette mobilisation va-t-elle s’organiser ?
JD : Dans l’ensemble des régions, des agriculteurs vont bloquer des sites stratégiques. La mobilisation ciblera des raffineries, en tant que symbole des distorsions. Elle est coordonnée par les réseaux FNSEA et JA, en lien avec les Associations Spécialisées. Elle sera organisée localement par les départements et orchestrée au niveau des régions. Notre objectif est de tenir dans la durée et dans le nombre, afin d’instaurer un nouveau rapport de force.

Informations pratiques
Le département de la Haute-Saône se rendra sur la zone portuaire pétrolière au nord de Strasbourg. Notre permanence aura lieu le mardi 12 juin et débutera à midi et se terminera à minuit. Un co-voiturage est mis en place : depuis Vesoul rendez-vous à 8 h 30 sur le parking de la maison des agriculteurs et depuis Lure rendez-vous à 8 h 45 sur l’aire du tertre Nationale 19. « C’est grâce à l’action syndicale que nous faisons bouger les lignes ». Nous devons réaliser une démonstration de force.
Confirmation de votre participation au 03 84 77 14 26.

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